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haïku

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 Auteurs maison 
le 05/11/2012
 

Un apéritif
Se boit
L'un après l'autre

 Auteurs maison 
le 02/11/2010
 

L'infini
Y'en a plus
Y'en a encore

 Auteurs maison 
le 30/10/2010
 

Les pauvres
Mangent la viande
Avec les dents

 Auteurs maison 
le 27/10/2010
 

Big Bang
Toc toc
Pour tous les goûts

 Auteurs maison 
le 24/10/2010
 

Le café ferme
La nuit ouvre
La porte

 Auteurs maison 
le 20/10/2012
 

Les mouches
Lisent le journal
Sur le comptoir

 Auteurs maison 
le 03/10/2011
 

Les couleurs

De l'arc en ciel

S'emmerdent

 Auteurs maison 
le 01/11/2010
 

Les microbes
Dans le cerveau
Radotent

 Auteurs maison 
le 08/10/2010
 

La vache à lait
Lit le journal
Pour la vache à viande

 Espace collabo 
le 27/08/2012
 


Issa signifie Tasse de thé. Issa était un paysan né en 1763 dans la province de Shinano au Japon.
Sa vie est une longue suite de cailloux et de plumes.
Sa mère meurt lorsqu’il a deux ans.
Il sera domestique puis surtout vagabond.
Il fera le choix de la pauvreté et de la poésie (Haiku). Il ne fera pas le choix du malheur qui pourtant ne le quittera pas.
Une vie d’errance.
Trois mariages ratés. Des enfants morts jeunes ou qu’il ne connaîtra pas. Sa famille qui le rejette, sa maison qui brûle. Sa fin muette et paralysée.
Issa est un hobo, il parcourt le japon en long et en large.
Trouve un ermitage dans les montagnes.
Connaît le froid et la faim.
Une vie de sandales et de crâne rasé.
Une vie de timbale à manger les plantes des fossés.
Il introduit dans la poésie haiku, un certain détachement comique et sensible.
De l’ironie. De l’intimité. De la mélancolie. 
Il écrit : Puisqu'il le faut / entraînons-nous à mourir / à l'ombre des fleurs.

 Auteurs maison 
le 12/05/2011
 

L'alcoolisme des jeunes
Le baccalauréat
Deux challenges

 Espace collabo 
le 08/11/2010
 

Il est passé à la postérité pour ses magistrales et très mordicantes critiques artistico-littéraires aux temps du post-impressionnisme. On relève beaucoup moins que Félix Fénéon fut aussi un agitateur redouté perpétuellement pisté par la maison parapluie. C’est qu’il crachait feu et flammes contre « la cochonne de galette », « la maladie votarde », « la tripouillerie patronale », « la racaille jugeuse » ou « l’inondation ratichonnesque » dans les canards libertaires les plus virulents de la Belle Époque (La Revue anarchiste, L’En dehors, Le Père Peinard). Qu’il servait de boîte aux lettres à des subversifs exilés. Qu’il donnait asile à des déserteurs recherchés. Et qu’on le soupçonnait d’avoir trempé en 1892 dans l’attentat à la bombe contre le commissariat parisien de la rue des Bons-Enfants en travestissant, à l’aide de la garde-robe de sa maman, l’auteur du forfait, le légendaire Émile Henry, en paisible citadine ressemblant probablement un peu au Jack Lemmon de Certains l’aiment chaud. Le fameux préfet Lépine apostrophé un jour par Fanny Fénéon, qui se plaignait d’une filature, n’avait pas pu se contenir : « Madame, je regrette de le dire, vous avez épousé un assassin. »
Si nous faisons risette dans cette rubrique aux « méphistophélique Fénéon », comme l’appelait le chansonnier belge Léo Campion, c’est que « ce diable d’homme » était par ailleurs un grand comique, « réalisateur humoristique, spécifie Lugné-Poé, du difficile poème de vivre dans l’énigme ». Félix Fénéon ne cultivait cependant pas que le mystère et le goût du complot rocambolesque. Quand il prenait l’air, on ne voyait et on n’entendait que lui. Sa dégaine était dandyesque (haut de forme, manteau flottant, complet puce, souliers vernis). Sa diction était précieuse (il martelait ses syllabes comme un George Sanders dans les films de Douglas Sirk). Son flegme était inaltérable. Et, s’entêtant à ne jamais demander son chemin, il s’égarait continuellement, s’escrimant à ne consulter aucune horloge, il ne prenait ses trains qu’en marche. Mais c’est surtout lorsqu’il était traîné en justice que Félix Fénéon ne passait guère inaperçu. D’autant moins que, pour lui, le monde entier était une scène de théâtre et de music-hall. C’est ainsi que se retrouvant dans le box des accusés du procès des Trente aux côtés de 29 autres sympathisants du courant illégaliste-anarchiste, il avait pris soin de peaufiner les effets cocasses de chacune de ses répliques comme s’il débutait au Deux-Ânes. Et qu’il n’avait pu s’empêcher d’interrompre soudain le président du tribunal en train de le questionner pour lui demander s’il y avait moyen d’obtenir, à l’intention d’amies diverses, quelques cartes d’entrée pour la représentation judiciaire du surlendemain.
Le jour dit, ne souciant que de faire pouffer son public, Fénéon dépasse toute mesure. Il fait remettre par un huissier en pleine séance un colis à l’avocat général Bulot. Défaisant distraitement le paquet tout en poursuivant la conduite des débats, le magistrat empêtre tout à coup ses doigts dans un immonde pâton fécal et doit courir se laver les mains sous les lazzis du farceur.
Terminons avec un bel exemple de la passion de Félix Fénéon, vrai cinglé de haïkus, pour les tournures lapidaires canon. Voici une des innombrables Nouvelles en trois lignes qu’il a larguées en 1906 dans le journal Le Matin : « Un agent de police, Maurice Marollas, s’est brûlé la cervelle. Sauvons de l’oubli le nom de cet honnête homme. »


Pour lire les hommages à Fénéon de l'Oulipien Paul Fournel sur ventscontraires.net

 Auteurs maison 
le 31/10/2010
 

La campagne
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 Auteurs maison 
le 25/10/2010
 

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