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 Confs & Perfs 
le 15/03/2013
 
 Espace collabo 
le 25/11/2012
 

– Et pour la cuisson du saumon, on peut au four...?
– Ah non madame, faut pas rigoler avec le poisson!
– Même pas une tranche ?
– ON NE RIGOLE PAS avec le poisson.

 Auteurs maison 
le 31/08/2012
 

Pour faire un cocktail à la sardine, il faut : une sardine. Une mer froide. Des pingouins. Un igloo. Vous posez la sardine sur le pingouin, lequel se jette à l'eau, tandis qu'un esquimau sort de l'igloo, son verre à la main. A cet instant précis, vous faites neiger les copeaux de parmesan, tandis que la sardine, toujours sur la tête du pingouin, chante " Ne me quitte pas" de Jacques Brel à capella. Lorsque la chanson terriblement triste du chanteur belge décédé aura fait pleurer une baleine, vous secouez le tout énergiquement. Vous servez dans une grande bassine en inox gravée du portrait de la Reine d'Angleterre. Le cocktail à la sardine se boit le matin avant de partir travailler, ou bien la nuit, à la pleine lune, assis en slip sur le toit de l'église.
Bonne dégustation.

 Auteurs maison 
le 08/10/2010
 

Je veux que mes mots prennent ta couleur
Que mes paroles prennent ton odeur
Que dans mon palais ça fonde quand je parle de toi
Ma passion ne sera ni brune ni blonde mais CHO-CO-LAT
 
T’es bon t’es bonne
My hot chocolate madone
Dans mes doigts fondants je t’emprisonne
Tu es ma cortisone in every season
Céleste boisson des Amériques
Tu m’excites
Je veux te humer te lécher te verser te toucher t’étaler t’aduler t’aciduler
Taciturne et insomniaque je dors juste pour te prendre au réveil
Tu es mon premier rayon de soleil
You are the sunshine of my life
PADAPAPAPAM
Prunelle de mes yeux
Tu me rends heureux
Mes matinées s’enjolivent quand tu débarques dans mon colon
Tu me files mon premier frisson
Tu es mon absinthe matinale
Que généreusement j’avale
Grâce à toi je suis de bonne bonne bonne humeur ce matin y’a des matins comme ça
Dévoué à ta cause sur l’autel de ma cuisine
Le matin t’es plus chaude que ma copine
Maître Banania frère Benco
Laissez moi vous prêcher
 
Je veux que mes mots prennent ta couleur
Que mes paroles prennent ton odeur
Que dans mon palais ça fonde quand je parle de toi
Ma passion ne sera ni brune ni blonde mais CHO-CO-LAT
 
Je redeviens vierge chaque matin mon bol entre les mains
Like a virgin drinked for the very first time
Tu glisses saveur réconfortante
Sur ma langue devenue brûlante
Troublante boisson
Qui me fais revivre sans raison
Le plaisir de tous ces matins
Où j’allais à l’école retrouver mes copains
Tu as le goût d’avant le divorce de mes parents
De ces paquets colorés que je trouvais marrants
De ces personnages de publicité toujours enjoués
Comme si un buveur de chocolat chaud ne pouvait jamais être triste
« Ma femme m’a quitté
Mes enfants me détestent
Je viens d’être licencié
Et j’ai attrapé la peste
Mais je bois du CHOOOOOOOOOOCOOOOOOOOOOLAAAAAAAAAAT »

 Espace collabo 
le 13/02/2013
 

Je dis pas ça pour râler, mais la connaissance, c'est surfait.  
Par exemple, tenez : on vous fait manger du cheval, sans vous le dire. Si on a pris la peine d'enlever les sabots avant, vous trouvez probablement ça bon. Puis, soudain, on vous avoue la supercherie : "Tu l'as aimée, ta lasagne ? Bon ben le boeuf qui était dedans n'avait pas de cornes et il a remporté plusieurs médailles olympiques." Et là, c'est le drame. Probablement parce qu'enfouie au fond de notre subconscient, il y a toujours cette croyance qui dit "attention, tu risques de te transformer en cheval et tout le monde sait qu'ils sont fourbes". Enfin, je dis ça, mais moi, ça ne me dérange pas : du cheval, j'en ai mangé toute ma vie. En steaks, pas en lasagnes, mais tout de même. Mais pourtant, je préfère ne pas savoir ce qu'il y a dans les lasagnes surgelées que je n'achète jamais, faut pas plaisanter avec le manger, mais que quelqu'un pourrait me faire avaler en douce en essayant de me faire croire que c'est de la couleuvre. Et là, je t'assure que ce n'est pas la viande qui m'inquiète. Non. Mais le truc blanc qu'ils mettent dans leurs lasagnes industrielles, et qui ferait presque passer la béchamel pour quelque chose de mangeable, c'est quoi ? Du plâtre, de l'enduit ? Est-ce d'origine animale ? Pourvu que personne n'investigue jamais.

 Espace collabo 
le 04/11/2012
 

Chacun a sa méthode pour réussir un bon et brave oeuf à la coque. Mais quelle est la meilleure recette?
Pour vous, la rédaction de ventscontraires.net s'est rendue dans les cuisines du restaurant du Rond-Point afin d'y interroger l'équipe chargée de la cuisson des oeufs à la coque.
Eh bien, ça n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire, tant il y a de paramètres à prendre en compte. Pour n'en citer que quelques-uns : le diamètre, le taux de zinc, de sodium, de magnésium, la fraîcheur (les oeufs frais coulent), le poids (rien à voir entre un oeuf de 53 et un oeuf 73 grammes), le type d'élevage (batterie, perchoir, sol, "libre parcours"...), les mentions figurant sur l'oeuf ou l'emballage, la couleur, la provenance, etc.
Tous ces indices impliquent des décisions quant au volume d'eau de cuisson, sa température au moment de la plongée, sans oublier l'ardeur du feu, les adjonctions de sel, d'ammoniac, de vinaigre, etc. dans le bain de cuisson.
En fin de compte, chaque oeuf est un individu ayant sa personnalité, sa vitesse de réaction. On peut le comprendre puisqu'un œuf, si on le laisse se développer, donne à l'éclosion un être unique, forcément différent de ses semblables.
Alors, quel est le secret des professionnels pour réussir la cuisson d'un oeuf à la coque ? Tout simplement l'expertise, l'expérience, et de franches confrontations d'idées avant la prise de décision finale. Comme nous avons pu nous en rendre compte de visu (photo), la cuisson professionnelle d'un oeuf à la coque nécessite un travail d'équipe, une bonne ambiance, et surtout le débat, l'écoute de l'autre, passion et sincérité, et l'esprit de synthèse quand il faut passer à l'action. Bref, cuire un oeuf à la coque, c'est un peu comme se jeter soi-même à l'eau : avant tout une manière d'exprimer sa liberté en assumant sa responsabilité personnelle.
Avec nos remerciements à l'équipe du restaurant du Rond-Point pour le temps précieux qu'elle a bien voulu consacrer à nos enquêteurs, alors qu'elle était, comme à son habitude, en plein coup de feu.

 Espace collabo 
le 21/08/2012
 

Poulimie :  trouble alimentaire consistant en l'absorption massive et compulsive de spécialités à base de poulet.
"Une poule au pot, un colombo, un yassa et deux escalopes. Ma parole, tu souffres de poulimie"

 Piste d'envol 
le 12/11/2011
 

Miam


Histoires de bouffe

Sérieusement, tout ce qui est beau n'est pas forcément bon. Et tout ce qui est bon n'est pas forcément beau. Voire même moche, ragoûtant, vraiment pas appétissant. Ce qui n'est pas contradictoire avec le délicieux, le tendre, le jubilatoire. Prenons un exemple : un crumble rhubarbe-praliné. Vous prenez un paquet de rhubarbe surgelée ou quelques branches de rhubarbe fraîche. Vous jetez dans une casserole la rhubarbe tronçonnée, un peu de sucre roux et un poil d'eau. A feu doux, vous attendez que ça compote gentiment. Vous installez le tout dans un plat à gratin et dispersez par dessus les carreaux d'une plaquette de chocolat praliné. Dans un saladier, vous mélangez à la main 80 g de beurre mou, 100 g de sucre roux et 120 g de farine. Vous répartissez les miettes obtenues sur la rhubarbe et mettez le tout au four à 200°C. Vous sortez la chose avant que ça crame. Résultat, une bouillie marronnasse croustillante et fondante, un exquis tas de boue doux, sucré et automnal. Comme quoi, faut pas se fier aux apparences hein.

 Auteurs maison 
le 06/07/2011
 

A ma droite s'élevait un tas de frites, à ma gauche, une grosse tomate, quand j'entrepris cette promenade gourmande dans mon assiette. Mathilde m'avait mis de mauvaise humeur, en me contrariant sur tout, la couleur des fraises et le goût du vent. J'avais besoin de marcher. J'escaladais le beefteack, contournais le beurre maître d'hôtel pour redescendre la pente opposée en direction d'une julienne de petits légumes. Un monticule de moutarde attira mon attention. Elle fumait, entre deux haricots vers à l'ail qui faisaient dans le paysage comme deux arbres abattus. Je montai jusqu'au rebord nord de l'assiette. Loin devant moi, de l'autre côté de la table, Mathilde boudait. Elle me jetta un regard mauvais. Las des ces jeux de couple usé, je décidai de rebrousser chemin en traversant le champ de petits pois. Laissant la tranche d'aubergine à ma gauche, je passai entre les oignons frits. L'air était doux. Je décidais de m'asseoir sur un cornichon. Puis, je m'allongeai dans le persil, la tête sur un tronçon d'échalotte. C'est là que je m'endormis. Pour me réveiller sur l'évier. La table avait été débarassée. La lumière avait été éteinte. Je trouvais un mot planté dans le beurre. Mathilde était partie. Je hais le dimanche. Je hais la tristesse de la vie.

 Espace collabo 
le 29/01/2011
 
 Auteurs maison 
le 01/10/2010
 

J'ai commencé sucré
par un dessert
lacté
je finirai givré
dans un thermolactyl

 Espace collabo 
le 26/10/2012
 

Pour quatre personnes :
 
Un vieillard inutile
5 échalotes
50 g de beurre
1 l de moules
1 cuil . à soupe de farine
1 l de vin rouge
1 petit pot de crème fraîche
1 bouquet garni
1 cuil. à soupe de poivre concassé
Sel
Cognac
 
Pelez, lavez et videz le vieillard en ayant garde de ne pas percer la poche de fiel. Découpez-le en tronçons de 15 cm, salez et réservez.
Emincez très finement les échalotes.
Faire fondre le beurre dans une cocotte, ajoutez les échalotes, faites-les suer 1à 2 min. Poudrez de farine et mélangez. Faites cuire 2 min. Lorsque le roux est légèrement coloré, versez le vin rouge, mélangez doucement, portez à ébullition.
Ajoutez les tronçons de vieillard inutile, les moules ouvertes, le bouquet garni et la moitié du poivre concassé. Mélangez et faites cuire à feu modéré pendant 15 min.
Retirez du feu, ôtez le bouquet garni et ajoutez le reste du poivre et de la crème fraîche.
Flambez au cognac.
Servez en ne prêtant pas attention aux protestations et aux sanglots de la famille.

 Auteurs maison 
le 03/08/2012
 

Prenez de la fatigue et posez-la sur un melon. Vous obtenez un
joli melon à la fatigue. Prenez une famille, un dimanche midi,
servez le melon à la fatigue. La famille soudain se sent fatiguée.
La mère en a assez de faire des ménages dans les hôtels Mercure. 
Le père en a assez du chômage. La fille en a assez du lycée. Le fils en
a assez de son apprentissage. Le melon à la fatigue se mange frais. Attention.
Ce melon fait pleurer à table.

 Espace collabo 
le 17/09/2011
 

La station spatiale était en perdition, tout l'équipage était mort, sauf un. Le survivant déclencha l'enregistrement de la caméra pour laisser un dernier message à l'attention de sa chérie. Après une inspiration, il se mit à crier : « J'ai toujours détesté tes endives au jambon ! »

 Espace collabo 
le 23/05/2011
 

Prenez les hommes. Jetez-les en pluie dans de l’eau bouillante au préalablement salée. Attendez quelques minutes. Attendez qu’ils remontent. Attendez qu’ils soient bien gonflés. Attendez qu’ils soient prêts. Attendez ce moment très exact où ils seront tous parfaits. Egouttez-les à l’aide d’un écumoire, disposez-les dans un plat bien approprié : rond, oval, carré. Si nécessaire, épongez le surplus de gras avec une feuille de papier absorbant pliée en trois. Mieux : pressez-les. Retirez quelques organes (la rate notamment, pleine de spleen et de romantisme, risque de gâcher votre plat). Remisez quelques minutes avant de les tasser dans un emporte pièce. Saupoudrez d’ambition, de perfidie et d’opportunisme. Ajoutez selon votre goût un peu d’hypocrisie, mais attention, cette dernière n’est pas appréciée de tous : l’homme étant par nature déjà fortement hypocrite, la saveur peut s’avérée trop forte pour certains. Servez très chaud. Admirez le dégoût de vos convives. Leurs regards médusés. Desservir très vite. Mettre le tout à la poubelle en ayant pris soin au préalable de laisser refroidir (les feux de poubelle sont la cause de nombreux accidents domestiques). Insultez vos invités pour leur manque de goût. Finissez le repas en proposant un miroir au chocolat. Puis, prenez congés d’eux en fuyant votre propre appartement. Recommencez dès le lendemain à leur préparer des choses bien dégueulasses. Il convient d’habituer au plus vite vos amis aux dures réalités de l’existence. Bon appétit !
(in Les Cahiers Gourmands d’Elodie)

 Piste d'envol 
le 25/12/2010
 

La schizophrène et Noël


Tiraillements gastronomiques d'une Franco-Slovène

C’est décidé, cette année je fête Noël en France. La preuve, je suis là. J’attends avec impatience les prochaines chutes de neige pour batifoler dans les congères. Je suis prête je vous dis. J’ai fait tous mes cadeaux. J’ai acheté des livres, des DVD, et deux places pour le théâtre. J’ai tout prévu pour Noël, tout. ça me réjouit. D’habitude, je ne sais jamais ce que je fais, ni où je suis. Mais cette année j’assure. Je suis à Paris, avec des Français. Je laisse de côté ma moitié slovène, je la débranche, je la cache dans le placard comme un amant encombrant. Le soir du réveillon, je dînerai français, parfaitement ! Au menu, foie gras, huîtres puis dinde aux marrons. Et en dessert, la traditionnelle… J’allais écrire bûche, mais soudain un doute affreux m’envahit. Bûche ou… potica ? La bûche, c’est délicieux, oui, surtout au chocolat, et puis c’est typique… mais la potica !! Ce joli gâteau tout roulé tout moelleux tout crémeux (voir la photo) fourré aux noix aux noisettes au choco… bref qui fond sur la langue dans la bouche et jusque sur les hanches, ah il est simplement… « trop bon » comme on dit ici ! Oui, « trop bon », mais 100% slovène. Alors qu’est-ce que je fais ? Un menu français et un dessert slovène ? Je ressors mon amant du placard ? Ou bien je mets mes deux moitiés d’accord et j’achète des sorbets chez Picard ? Mais non, des sorbets un soir de réveillon c’est sinistre, c’est comme voir la neige qui fond. Ah j’en ai marre, vivement la diète ! Vesel bozic ! Joyeux Noël !

 
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ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point