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 Espace collabo 
le 15/01/2013
 

Dimanche après-midi se tenait la « Manifestation Pour Tous » contre le mariage homosexuel. Une mobilisation à laquelle ont participé plusieurs ténors de l’UMP qui reste partagée sur le projet du mariage gay. Mais les pro et les anti de droite semblent être tombés d’accord sur une position commune. A savoir la volonté de rendre obligatoire, pour les homosexuels désirant se marier, le suivi d’un stage abordant les ravages du mariage sur le couple. Reportage
Une formation d’une semaine
« Ce que nous proposons, c’est qu’à l’avenir, les gays qui souhaitent se marier suivent pendant 5 jours un stage sur la déchéance du couple dans le cadre du mariage. » Voilà le message qu’ont martelé à l’unisson les membres de l’UMP présents à la Manifestation Pour Tous qui se tenait hier à Paris. Une proposition qui montre clairement la volonté de réalisme des élus de droite, comme l’expliquait Gérard Larcher, descendu protester dans la rue hier : « On ne se voile pas la face. On sait que le Mariage Pour Tous risque d’être adopté. Soit. Mais dans ce cas- là, on veut au moins qu’il soit le plus encadré possible.»
Selon Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale et fervent opposant au mariage gay, ce stage obligatoire reposerait sur 3 axes : « Nous voulons que les homosexuels qui expriment le souhait de se marier prennent conscience des difficultés et des souffrances occasionnées par le mariage civil. Il serait donc judicieux que, dans un premier temps, ils visionnent sur 2-3 jours des reportages, des documentaires ou toute autre forme de témoignage de personnes hétérosexuelles ayant vu leur couple détruit à cause du mariage. »
Les participants à ce stage d’information seraient alors soumis à une série de questionnaires sous la forme de QCM pour contrôler la bonne assimilation des informations qui leur ont été transmises.
Le 2e temps fort du stage consisterait ensuite en une succession de mises en situation, de jeux de rôles visant à donner aux stagiaires gays un semblant de vécu de ce que peut être une vie de mariés qui s’effondre. Interrogé par le Gorafi, Laurent Wauquiez, à l’origine de cette proposition, explique l’importance de cette étape : « On ne pourra jamais reproduire véritablement le désastre du mariage. Mais grâce à des ateliers de mise en situation, les gays pourront appréhender les problèmes de belle-famille, de routine. Ils auront la possibilité d’expérimenter ce que c’est vraiment que de passer une nuit sur un canapé parce qu’on s’est disputé le soir en rentrant du boulot.»
Un test final
Une succession d’ateliers pédagogiques que les anti-mariage gay de l’UMP voudraient voir se terminer par un test final dans les conditions réelles : un examen de 4 heures où les deux membres du couple désirant se marier devront, en présence de deux véritables avocats, tenter de procéder à un partage imaginaire des biens du couple.
Objectif: dégoûter du mariage?
C’est bien ce qui est reproché aujourd’hui à la droite après cette proposition comme le confie ce député socialiste resté anonyme: « Si une telle mesure devait être adoptée, le nombre de demandes de mariage diminuerait inévitablement chez les homosexuels. Avec cette tentative, La droite cherche juste à dissuader les gays.». Côté UMP, l’ensemble des soutiens à ce projet nie toute volonté de dissuasion. Interrogé sur la question Christian Jacob répond laconiquement  «…» .
 
Le Gorafi
Illustration :  iStock /  govicinity

 Piste d'envol 
le 12/03/2013
 

"Lysistrata" d'Aristophane


Pièce à un euro

"Lysistrata - Non, pas ce soir, j'ai mal à la tête.
Rideau"

 Espace collabo 
le 28/03/2012
 

Voici un petit extrait de mon essai intitulé : L'amour de A à z. Comprenez, de l'Amour avec un grand A des tragédies shakespeariennes aux zamours avec un petit z, où les idylles merdiques de nos semblables exposent sur un plateau ce qu'elles ont de plus banal et triste. La rose, depuis que l'homme est homme et la femme sa femme, est le symbole de l'amour par excellence. La rose qu'on m'a vendue dans un bar, cette vesprée, ne transige pas à la règle. Plus inodore qu'un verre d'eau du robinet, elles est à l'image de mes passions insipides. Comme si, à les côtoyer, elle en avait pris le parfum. Afin de ne pas me faire mal, on a pris soin d'en enlever les épines. Qui voudrait d'une fin à la Roméo et Juliette, ce couple qui n'a, à y regarder de près, rien de meetic ? La pauvre fleur sue sous un tel carcan de plastique transparent que les plis de sa robe pourprée étaient déjà fanés avant même qu'elle fût offerte. La plupart du temps, le Cupidon qui les propose, pauvre hère, est accueilli avec la mine de cent pieds de long qu'on réserve d'ordinaire à un huissier de justice sadique. On ne voudrait pas se faire offrir ce genre de rose, pas même lors de l'entretien d'embauche de sept minutes d'un speed dating, pour lequel on a investi ce qu'on avait de meilleur en nous, un peu d'argent. Je suis un célibataire exigeant. Pléonasme ? Mais non, moi aussi, Monsieur, j'ai droit au bonheur d'un CDD au SMIC de vie sentimentale. La patronne du MEDEF, nouvelle Ronsard, l'a dit : aujourd'hui, même l'amour est précaire.

 Espace collabo 
le 08/02/2012
 

- J’ai flashé sur elle dès que j’ai croisé son regard... Elle fumait une clope, seule, devant un bar sur le port. Je suis allé lui parler. Le courant est tout de suite passé entre nous et elle m’a invité à rejoindre ses amis à l’intérieur pour boire un verre avec eux. En les écoutant parler, je me suis rendu compte qu’ils étaient sur La Rochelle pour les Universités d’été. 
Tu rigoles ou quoi !?
- Tu ne vas pas nous faire croire que t’es tombé amoureux d’une gauchiste... 

- Attends ! Je n’ai jamais ressenti ça... Je suis persuadé que c’est la femme de ma vie. Je l’ai demandé comme ami sur Facebook, elle m’a accepté. Maintenant, faut que je la rappelle ! Et... faudra bien que je lui dise que, comme elle, moi aussi je suis militant et investi politiquement, mais pas au PS. Alors après... Est ce qu’on peut être de gauche et ouvert d’esprit ?
 

 Piste d'envol 
le 10/12/2011
 

Nouvelles Frontières


Dilatez vos horizons

partir en vacances sur un terrain miné et jouer à la pétanque avec ses enfants faire une partie de raquette avec sa femme lancer la balle à son chien inviter les voisins à un barbecue fêter les quatre-vingts ans de maman proposer un meeting à Marine Le Pen offrir une terre d’asile aux criminels de guerre recevoir Michel Sardou et Céline Dion indiquer l’emplacement où se posera l’hélicoptère de la Banque Centrale Européenne délimiter une place de parking pour Laurence Ferrari déposer les habitudes les illusions les déconvenues les regrets les trahisons l’amour perdre une jambe maintenir l’équilibre et se dire qu’on est encore debout

 Espace collabo 
le 01/03/2013
 

Je suis comme plein de gens, je ne m’aime pas. Mieux : je me déteste. Or, pour vous, c’est simple : vous vous détestez, bon, voilà, c’est dit. Mais pour moi, c’est terrible !

Car je suis juif ! Et je ne peux pas me piffer. Je ne peux pas me voir en peinture, je me hais, je me conchie. De nos jours, c’est ultra-grave :
Je suis juif, je ne m’aime pas, DONC je n’aime pas les juifs. C’est de l’antisémitisme primaire ! Ça tombe sous le coup de la loi ! C’est très grave !
Oh, j’ai bien essayé de tourner la chose différemment : Je ne m’aime pas, mais c’est pas parce que je suis juif ! Hum…
Ça revient exactement au même ! je ne m’aime pas mais quoi que j’en dise, je suis juif DONC je n’aime pas le juif que je suis DONC je n’aime pas les juifs. Il n’y a pas moyen de sortir de ça avec ce putain de syllogisme !
Que faire ? C’est extrêmement dangereux, ces idées là ! On sait où ça mène ! Dans un train ! Et pas en première classe !
Et si j’étais arabe ? Vous imaginez ? On me collerait vite fait l’étiquette d’islamophobe ! Ou noir ? Pof, raciste ! C’est vite fait de vous cataloguer…
Par contre, handicapé, femme, myope, nain, c’est déjà moins grave. Y a pas de lobby.
Mais juif !
Cependant, moi, qui suis juif et qui ne m’aime pas, j’ai une chance, oh toute petite, de ne pas être poursuivi pour antisémitisme : Je ne suis pas circoncis, oui, un accident. Ah pardon, ce n’est pas un détail. Car je peux dire en toute innocence : je ne m’aime pas mais rassurez-vous : je ne suis pas circoncis !

 Espace collabo 
le 20/06/2012
 

"Solitude", cela sonne comme quelque chose de précieux et de doux, de chaud. Comme une épice rare, un parfum d’orient. La solitude n’est pas une retraite, ce n’est pas le souhait de se couper des autres. C’est prendre plaisir à être avec soi-même, pour penser aux autres. Le préalable à toute véritable rencontre est la capacité à être seul. Alors un rapport humain désarmé et tendre est possible.
Il faut faire des offrandes à la solitude. C’est une déesse. Elle se nourrit de temps et d'espace. En retour, elle nous offre le monde. La nature et les arts viennent se prélasser dans sa clairière. Elle ouvre une porte aux fantômes pour qu’ils viennent nous visiter. Enfin elle nous présente à nous-même. Et nous sommes toujours une découverte pour nous-même.
Si on fait attention, si on regarde bien, alors la solitude est partout. Elle est comme l’air. Et ce n’est pas triste. Au contraire c’est elle qui fait le lien entre nous tous. C’est en montrant nos différences, nos singularités, nos autonomies partielles, qu’elle nous permet d’aller vers l’autre. C’est parce que nous sommes séparés que la relation est possible. C’est parce que nous sommes irrémédiablement seuls et isolés que nous pouvons faire des rencontres, aimer et être aimé. La solitude est un gain. Pas une perte. C’est la possibilité de la présence. Le contraire de l'absence.

 
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ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point