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Jean-Loup Chiflet

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 Auteurs maison 
le 21/05/2010
 

Et si ce grand essayiste sous-entend par là que Socrate s’emmerdait le dimanche, cela mérite sans doute réflexion. Autant il n’y a pas lieu de craindre le dimanche matin avec ses odeurs de pain grillé, ses marchés, ses messes, ses journaux, son attente chez le pâtissier, autant il y a lieu de redouter la crise existentielle post rosbif-purée dominical et les chamailleries familiales qui l’accompagnent. On a l’impression de se lever de table avec la tête du condamné à mort après son dernier repas. On parcourt distraitement la pile de journaux ; on se surprend même à regarder les annonces matrimoniales et la rubrique astrologique. Certains tenteront de faire la queue pour aller voir un film soporifique ; d’autres traîneront leur ennui dans des parcs fréquentés par des chiens promenant leurs propriétaires où de jeunes pères divorcés s’initient au plaisir du bac à sable. Pour d’autres le problème sera de tenir jusqu’au soir pendant ces heures qui n’ont pas le même nombre de minutes que celles de la semaine. Reste la lecture ; Stendhal ? Au hasard vous lisez « Je ne puis pas encore m’expliquer aujourd’hui, à cinquante-deux ans, la disposition au malheur que me donne le dimanche… », Paul Morand ?  « Le dimanche on échange les ennuis de la semaine contre l’Ennui… ». Décidément, vous vous dites que Jacques Brel n’avait pas tort « Il n’y a pas que les taureaux qui s’ennuient le dimanche »…

 Auteurs maison 
le 14/07/2011
 

Quand le général de Gaulle se plaignait amèrement de la difficulté à gouverner un pays où l’on ne trouve pas moins de 258 sortes de fromages, c’était sans compter non plus avec les bizarreries du langage qui fleurissent aux quatre coins de l’hexagone. Que dire en effet d’une langue où l’on remercie un employé dont on n’est pas satisfait, où on lave une injure mais on essuie un affront, où l’on pose une question mais on soulève un problème, et où les malheureux qui sont dans de beaux draps passent des nuits blanches à force d’avoir des idées noires et du fait même n’arrivent pas à dormir sur leurs deux oreilles (moi non plus d’ailleurs)?
Comment expliquer aussi la présence de l’estomac dans les talons, des pieds dans le plat, du chat dans la gorge, de la confiture chez les cochons, du rubis sur l’ongle, sans parler de la curieuse cohabitation des vessies avec les lanternes !
Drôle de pays en effet où il ne faut pas confondre : scène, cène, Seine, saine ou chair, chaire, cher, Cher et où pendule est masculin entre les mains d’un radiesthésiste et féminin entre celles d’un horloger. Mais il y a mieux : amour, délice et orgue, masculins au singulier et féminins au pluriel ! Ce qui faisait d’ailleurs dire à Courteline :
« Je ne me vois pas en train d’écrire : J’ai vu un orgue magnifique. C’est le plus beau des plus belles. »
Quant à archives, fiançailles et ténèbres, ils sont, eux, condamnés au pluriel ! Bref, tout cela me paraît bien singulier…
Curieuse langue enfin, où le mot mnémotechnique est si difficile à retenir…et où il vaut mieux finalement avoir l’air conditionné que l’air stupide.
 

 Auteurs maison 
le 25/06/2010
 

Et si au lieu de polluer nos journaux avec la liste interminable des festivals estivaux (non ce n’est pas une contrepèterie !) on nous proposait plutôt quelques endroits privilégiés, mer ou montagne, peu importe, où l’on serait assurés d’échapper à ces manifestations pseudo-culturelles. Vous m’avez compris : je rêve d’un coin tranquille sans festival. Plus aucun petit village, en effet, sans son festival barroco-écolo-spéléo-musico-théâtro-sexo-éducato-pseudo-excetero.
Sus au festival Hard Rock qui me rendra un peu plus sourd, au Festival de la Jeunesse qui me fera regretter la mienne, au Festival du Blues qui me le filera aux festivals de musique, hip-hop, sacrée, ancienne, free, jazz, électro, de piano, d’orgue, de violon, de cornemuse et de ukulélé.
Tous se liguent contre moi pour me forcer à apprendre à faire des confitures ou du cerf-volant, à danser le tango ou la carmagnole, à m’initier au chinois, au ping-pong, à l’origami, au shiatsu, à la pelote basque ou au cornet à piston.
Foutez-moi la paix ! En vacances, moi, j’ai envie de silence et de ne rien faire.
Monsieur Hulot ! Reviens ! Ils sont devenus fous.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point