Extension du domaine du
rond point
 Auteurs maison 
le 21/02/2013
 

Construit autour du petit essai critique, Portrait craché du romancier en administrateur des affaires courantes, qui se propose sur le ton du pamphlet de régler son compte au « bon vieux roman », ce montage de textes met en scène un auteur qui singe les diverses postures de l’écrivain au travail afin peut-être de démêler par l’absurde et le paradoxe ce qui se joue vraiment dans la littérature, une fois celle-ci dépouillée de ses habits de cérémonie. La cohérence recherchée dans ce montage est évidemment factice et conçue pour voler en éclats à la faveur de digressions sauvages et d’accélérations délirantes.

extrait :
"Mes livres ne se vendraient pas mieux dans les boulangeries. S’y vendraient néanmoins comme des petits pains. Je pourrais m’en vanter sans mentir. Ce serait déjà une satisfaction pour ma vanité. J’allais suggérer cette astuce commerciale à mon éditeur lorsqu’il m’est venu  une bien meilleure idée pour écouler vraiment la marchandise. Ecoutez ça : je vais lui proposer de substituer à la mention roman sur la couverture de mes livres celle de bon vieux roman, beaucoup plus attractive. On imagine déjà le fauteuil qui va avec. Les enfants sont au lit. Le chien est couché en rond sur son tapis. Toute la maisonnée dort. Dehors un crapaud chante. Un nouveau-né pleure dans la poubelle, ou un chat. La lune est à sa fenêtre. Prenons un bon vieux roman."
avec le soutien de la SACD et en partenariat avec France Culture

Enregistré le 12 mai 2012 dans la salle Tardieu du Théâtre du Rond-Point Durée : 0:55:20

 Auteurs maison 
le 18/04/2011
 
 Auteurs maison 
le 10/05/2012
 



Si vous souhaitez rencontrer le romancier et blogueur "Autofictif" Eric Chevillard, venez au Théâtre du Rond-Point, les 10 et 11 mai prochains : Michel Fau et Dominique Reymond lisent un montage de ses textes – certains inédits ou parus sur ventscontraires.net 
En partenariat avec France Culture et la Sacd


Qu’êtes-vous donc allé faire dans ce théâtre ?

C'est plutôt : que va-t-on m'y faire ? (je suis très inquiet)




Est-ce que vous concevez vos textes plutôt pour l’œil ou pour la voix ? Qu’en est-il du passage de l’un à l’autre ?

Certainement pour l'œil. Je me demande même parfois si j'écris ou si je dessine. Et quand je les entends, portés par la voix d'un comédien, il me semble du coup qu'ils se mettent debout. Qu'ils passent de l'horizontal au vertical. Je les redécouvre ainsi, je ne les savais pas capables d'un tel rétablissement acrobatique. Dans cette position, ils me sont un peu étrangers, certains me déçoivent, d'autres y gagnent une évidence qu'ils n'avaient pas dans les arabesques de l'écriture.




Si vraiment le métier de romancier n’est plus ce qu’il était, comment renommeriez-vous votre métier ?

Il y a toujours des romanciers, je n'en suis pas tout à fait un. J'ai peu d'imagination, tout s'invente et se féconde dans la langue, c'est elle qui prolifère et se déploie, va chercher le sens et l'histoire. Ecrivain est un nom qui me convient, c'est un titre que l'on s'attribue toujours prétentieusement, mais cette prétention est punie par le soupçon de vanité dont le mot même se fait très distinctement l'écho.




Quels conseils donneriez-vous aux comédiens qui souhaitent  “s’emparer” de vos écrits ?

Aucun conseil. C'est moi qui leur en demande : d'où cet aplomb ? cette aisance ? Comment être si désinhibé, si courageux ? Dites-moi !




Avez-vous déjà / Pourriez-vous un jour avoir : écrit du théâtre ? Un scénario ? 

Il y faudrait une occasion, une rencontre, une sollicitation. Ce n'est pas naturellement mon terrain. Je n'ai écrit que quelques pièces radiophoniques. Trois de mes romans ont fait l'objet d'adaptations théâtrales, d'ailleurs très réussies mais dans lesquelles je n'étais pas directement impliqué.



Quelque chose à ajouter ?

Toujours, mais faites-moi taire !


> Un autre entretien avec Eric Chevillard sur ventscontraires.net : "L'Autofictif répond à des questions"
> Infos sur la lecture des 10 et 11 mai

> Les billets d'Eric Chevillard sur ventscontraires.net

 Auteurs maison 
le 15/04/2012
 



Voici un morceau d'anthologie : Michel Fau enregistré lors du Cabinet de curiosité de l'écrivain et sculpteur Christian Siméon, en juin dernier, réalisation Laure Egoroff, France Culture.
Fau dégorge le sublimissime poème de Georges Fourest, dont il faudrait bien qu'un des chroniqueurs de ventscontraires.net tire un jour le portrait.
En attendant voici comment l'intéressé se dépeignait lui-même dans un poème fleuve intitulé...

Apologie pour Georges Fourest
 
Je n'ai point cet esprit qui subjugue "les dames",
j'incague la pudeur, convomis le bon goût,
et si mon Apollo, perruquiers et vidames,
vous offusque parbleu ! mon Apollo s'en fout !
 
Ma flave moricaude en exhibant sa fesse
époustoufla tel cuistre et tel justiciard
et mon géranium pondeur, je le confesse,
semble aux gens distingués terriblement criard.
 
"Je suis mal embouché, dit-on, scatologique,
"scurrile, extravagant, obscène ! ..." Et puis après ?
Pour blaguer le héros langoureux ou tragique
à moi le calembour énorme, et l'à peu-près !
 
(…)

Illustration : L'Impardonnable revue pathétique et dégradante de Monsieur Fau

Prochain Cabinet de Curiosité 15 novembre 2010 à 18h avec Mohamed Rouabhi
> voir lien ci-dessous

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point