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rond point
Publié le 12/10/2012

Espace collabo

 

Christian Chavassieux


Chavassieux écrit, "et c'est bien à peu près tout ce qu'il est capable de faire", soulignent ses ex. On peut retrouver ses petites phrases et de courtes nouvelles sur son blog, KRONIX. Il est aussi l'auteur de plusieurs romans (le baiser de la Nourrice, Le psychopompe, chez JP Huguet éditeur), de pièces de théâtre (Le rire du Limule, Peindre) mises en scène par François Podetti au sein de la compagnie NU, de textes poétiques (Les chants plaintifs, édition La petite fabrique, d'un essai sur sa ville (J'habitais Roanne, chez Thoba's éditions), il est invité à participer à des revues (MIcrobe, le chasse-patate, etc.), et sous pseudonyme, il écrit des scénarii de BD, de films, etc.
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Seul contre tous

Revoir ce crétin qui l'avait traité d'imbécile dans la soirée de l'autre abruti, avait conforté son mépris pour le milieu qu'il fréquentait et où tous ces nases le prenaient pour un con.

 Espace collabo 
le 23/11/2010
 

Je m’appelle David Serre. J’ai 10 ans. Je suis né dans un petit village de l’ouest de la France, Maule. Écoutez ce que je vous dis. Les morts trafiquent dans les pièces vides des maisons. Dieu vit au-dessus du frigo. Ou si vous préférez, entre les jambes des filles au-dessus du frigo. Tout là-haut, tout dedans. Ne me prenez pas pour un âne, je sais d’quoi je cause. Il y a aussi Emilie, la voisine à collants roses, elle vit de l’autre côté de ma rue, chez les riches, mais Johnny, il vous la fait traverser cette rue. Comme ça. Il y a aussi le père Chiron, qui pendouille au fond de son cabanon avec sa grosse langue violette. Avec le soleil qui tombe dedans, vraiment, ça fout les jetons. Il y a le bord de mer avec mon grand-père, mon arcade gauche qui pisse le sang, une réunion de famille qui tourne vinaigre, les parties de foot après l’école, une hydrocèle vaginale droit, et puis Dieu qui vit au-dessus du frigo, tout là-haut, tout dedans que je vous dis. Je mets mon doigt, et c’est comme ça que tout commence.

Extrait de Dieu vit au-dessus du frigo, roman, éditions Ex-Aequo.

 Espace collabo 
le 12/04/2012
 

Dire ceci et son contraire, n'est-ce point ce qui caractérise les sincérités successives dont le peuple a le secret ? Être « Je » et « l'autre », n'est-ce point la prophétique intuition de Rimbaud qui s'est capillarisée dans la vie quotidienne postmoderne. C'est en ce sens, pour le dire d'une manière tout à la fois familière et rhétorique, que Sarkozy est un « oxymore sur pattes. (Michel Maffesoli, sociologue, Atlantico.fr, 12 avril 2012)
 
Cet éminent professeur à la Sorbonne, spécialiste des imaginaires sociaux, a puisé loin dans sa vaste intelligence pour expliquer combien l’antisarkozysme était la haine du peuple, la négation de la vie, la défaite de la poésie. Avec en guise de bouquet final, cette définition du président sortant en  “oxymore sur pattes” dont on se demande bien comment ça peut lui permettre d’avancer droit en campagne. En fait, derrière cet audacieux plaidoyer pour une unité motrice des contraires, se profile l’implacable réquisitoire visant la normalité prudhommesque de François Hollande, identifiable à un pléonasme à roulettes.  Sarkozy en héros rimbaldien, c’est fort. Mais Maffesoli sait ce qu’extra-lucidité veut dire. N’est-ce pas lui qui avait dirigé la thèse de doctorat d’Elisabeth Teissier ? Cette même astrologue aux sincérités successives qui avait prédit que Martine Aubry gagnerait la primaire socialiste et que Nicolas Sarkozy perdrait la présidentielle (Morandini, Direct 8, le 13/10/2011). 
Du coup, c’est notre sociologue de la postmodernité où le vrai avance masqué derrière le faux, qui pourrait bien retomber sur…ses pattes.
 
 

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point