Extension du domaine du
rond point
Publié le 25/09/2012

Espace collabo

 

Stéphane Meireles


Je ressemble tellement à monsieur tout le monde − avec mes yeux bridés, mes cheveux crépus, ma peau rouge, mon front intelligent, mon absence de sourcils, mon nez épaté, mes lèvres fines, mes dents blanches comme de l’ivoire, mes pommettes saillantes et mon menton large caché sous une barbe fleurie − que des papiers d’identité ne me sont plus nécessaires. Je vous assure ! Venez jeter un œil sur : http://www.stephanemeireles.com/ !

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En avant, marche !

J’ai envie de répondre à Monsieur Chevillard qu’au XXIe siècle, il existe l’escalator, un système d’ascension mécanisé qui permet d’atteindre les sommets sans user ses semelles et, accessoirement, ses talonnettes ! Ledit appareil favorise une élévation vers les cimes, en particulier, dans les grands magasins qui font passer les rêves de Zola pour de misérables dinosaures ! Le principe me paraît simple, il suffit au quidam de se positionner élégamment sur une marche qui le guide, sans effort, vers les faîtes de la consommation de masse. Je reconnais que certains escalators possèdent une impressionnante denture, mais, pour se rassurer, on a la possibilité de s’accrocher à une rampe, d’un noir luisant, et d’y abandonner, sans crainte, les dessins humides de ses doigts moites. Les traces digitales sur les surfaces laquées, cela amuse toujours les petits et les grands qui répondent ainsi à un fantasme collectif : celui de laisser ses empreintes de mains et de pieds sur les murs chaulés d’une caverne auvergnate ! Je vous le jure, nous avons encore en nous les vestiges du primate. En outre, si l’escalator venait à arrêter sa course lente, sous le ciel artificiel d’une aire commerciale, il serait envisageable de continuer son chemin à la seule force de ses mollets. Tout a donc été prévu pour le confort du voyageur en escalier. Mieux ! Il peut même arriver que la marche hoquette dès l'instant où elle touche le palier et là... c’est l’hilarité assurée, car celui qui se tient sur la marche rebelle finit les quatre fers en l’air sur le sol vitrifié du charmant magasin provincial ! Ainsi, ce petit gag détend l’atmosphère, redonne le sourire aux citadins pressés ! Décidément, avec l’escalator, l’homme moderne est aux anges !

(En réponse à la chronique d'Eric Chevillard consacrée à l'escalier)



 Espace collabo 
le 15/06/2010
 

La revue Tango, déjà, c'est un principe qui ne peut que plaire à ventscontraires.net : c'est un semestriel qui ne paraît… que tous les vingt-cinq ans. Quatre numéros en 1985 et quatre prévus entre 2010 et 2011. Après? Rendez-vous en 2035. C'est une revue où se croisent Jean Echenoz, notre chroniqueur oulipien Paul Fournel, Jacques Jouet, Marc Villard ou Jean-Bernard Pouy, et même Julio Cortazar, qui était là, déjà, il y a vingt-cinq ans. Pour les dessins, car l'ensemble est fort joliment illustré, Muñoz, Ricardo Mosner et d'autres grands voyageurs pas toujours immobiles. Le premier numéro de la seconde salve est sous-titré "Petit traité de navigation portègne", il est essentiellement consacré à Buenos Aires. La vraie, l'interlope et envoûtante capitale argentine, mais aussi celle que l'on rêve, depuis Paris, et en particulier depuis Pigalle, dont le cœur a vibré au rythme du tango dans les années 20. Le maître de la ville, à l'époque, s'appelait Carlos Gardel. Son chant flotte dans les pages de ce nouveau Tango. Mais pas seulement, il y a du jazz, aussi, et du polar, on tourne les pages, on s'y balade, on y cabote… et on attend le prochain numéro, qui sort en novembre et sera consacré, cette fois-ci, à Paris.



ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point