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rond point
Publié le 12/09/2012

Espace collabo

 

Corinne Klomp


Corinne Klomp a sévi quelques années dans la presse économique, côté marketing. Personne n’est parfait, elle encore moins. Un jour elle a tout quitté pour se consacrer à l’écriture scénaristique puis théâtrale. Depuis, sa vie, la vraie, a commencé. Elle écrit et joue la comédie pour les autres, mais ne chante que pour son pommeau de douche, et sur rendez-vous. Son patronyme n’est pas un pseudonyme. Non, même pas.

> http://blogs.mediapart.fr/blog/corinne-klomp

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Nanar se barre

Après le réjouissant Intouchables, Nanar se barre sera-t-il le film français le plus vu et commenté au monde ? L'histoire, tirée de la vraie vie qui inspire tant les producteurs de cinéma, se résume ainsi : Nanar, cochon replet, en a marre de donner du gras à son pays, la France. Donc il se barre. Pas loin, car Nanar n'est pas le genre à se salir la couenne dans un ashram avec des cochons pouilleux. Nanar se tire en Belgique. Là-bas, l'herbe n'est pas plus verte (quoique niveau pluviométrie la Belgique en impose) mais Nanar peut garder son lard, ce qui, pour un goret, est le pied (de cochon). Vous protestez que ce film ne vaut pas rillette, que ces porcs de scénaristes ne se sont pas foulé le groin. N'oubliez pas que ce sont les ficelles (de saucisson) les plus grosses qui se révèlent les plus solides. D'autant que Nanar garde sous les pattes des rebondissements aussi tordus que sa queue en tire-bouchon. Certes, il part s'aérer le jambon en Belgique mais en fait c'est juste pour s'en payer une tranche, car le meilleur de lui-même, à savoir son filet mignon, reste en France, au chaud à l'hôtel des Impôts. Du moins c'est ce qu'il déclare, et on n'a aucune raison de ne pas le croire, non ? S'il nous mentait, ça voudrait dire : primo, qu'il nous prend pour des veaux et deuzio, que derrière ce cochon rose se cache un requin blanc. Et ça, vraiment, ce ne serait pas crédible. Nanar en Terminator, et puis quoi encore ? Pourquoi pas la Graisse en faillite, tant qu'on y est ?

 Espace collabo 
le 16/05/2011
 

Le lècheculisme a triomphé ! Le 7 mai dernier, nous vous proposions de nous tresser des lauriers pour nous convaincre de vous offrir deux places pour le sublime spectacle des Semianyki et nous avons pu constater que vous étiez de redoutables experts en la matière. Parmi le flot sirupeux de messages aussi dithyrambiques que flagorneurs, notre jury a décidé de sélectionner la sympathique Virginie T. (lisez donc ceci à haute voix, ça pourrait vous amuser autant que nous) pour son émouvant compliment parfaitement intéressé. Elle aura donc la chance et le privilège de découvrir à la fois le Rond-Point et le spectacle des Semianyki. Elle nous a bien ciré les pompes, là voilà logiquement vernie.

Bonjour à vous, équipe de ventscontraires.net.
Ce mail fait suite à votre sollicitation ouverte de cirage de pompes (article publié le 7 mai dernier).
Ma démarche est donc simple : vous convaincre que je mérite plus que d'autres ces deux places offertes. Moultes possibilités s'offrent donc à moi : vous stimuler par des photos dénudées (mais finalement non), vous donner un pot de vin (peu logique ici), vous supplier platement de m'offrir ces places (ce n'est malheureusement pas vraiment mon genre)... Je finis donc par penser que je vais simplement opter pour une solution simple : celle de la dérision, merveilleusement bien choisie et amenée, par vous-même, dans cet article (premier crachat sur vos chaussures). J'y mêlerai un peu de compassion, en vous parlant de mon statut de stagiaire dans le milieu culturel, ne me donnant pas accès aux invitations et autres places gratos bling bling (sentez-vous ce délicat mouvement de chiffon sur vos chaussures ?), et puis surtout de l'honnêteté, en vous avouant que je ne suis encore jamais venue au théâtre du Rond-Point et que ma soif de culture doit être apaisée par ce merveilleux endroit (ne cachez pas votre joie, oui, vos chaussures sont encore plus étincelantes qu'à l'achat ! ).
En vous remerciant d'avoir lu ces quelques lignes vénales. J'espère au moins vous avoir fait sourire, et en vous souhaitant une bonne journée, j'espère très fort pouvoir vous dire "à bientot !"

Virginie T.

 Espace collabo 
le 20/05/2011
 

Ce que l’on voit, c'est d'abord la nuit dans ces images prises par une webcam posée dans les hauteurs de Barrow, village situé au plus nord du continent américain.
Eben Hopson est né ici en 1922. > voir l’épisode précédent

Eben Hopson ne comprend pas.
Il n’a pas vingt ans, et cette fois-ci, il n’a pas demandé à partir de Barrow. Il est inupiaq, esquimau, indien, il n’a pas de droits civiques. Il s’est retrouvé dans un bateau, ce n’était pas le North Star, mais un bateau de l’armée américaine, de l’incorporation américaine.
Direction Nome, toujours en Alaska, mais au-dessous du cercle polaire, au-dessous du détroit de Béring. Nome, une ville de chercheurs d’or, de crevards, de joueurs, de tricheurs.
 
Eben Hopson se rend chaque matin sur la base aérienne, la dernière base avant l’Urss. Il est là pour construire des avions, des avions russes. La guerre n’a pas commencé, alors les Américains et les Russes commercent.
Eben Hopson ne comprend pas. Il est encore chez les Inupiat, en face, de l’autre côté du Détroit, des Tchouktches doivent subir le même sort, un peu plus au sud, ce doivent être des Aléoutes, des nomades, éleveurs de rennes, chasseurs de morses, amateurs de viandes crues, ne demandant rien à personne.
Eben Hopson fait ce qu’on lui dit. Les Américains et les Russes entrent en guerre. Il fait ce qu’on lui dit, il embarque sur un autre bateau pour la guerre des mille miles dans l’archipel des Aléoutiennes. Au moment du bombardement d’Unalaska par les Japonais, il n’est pas loin. Quand les Américains déportent les Aléoutes dans des camps sans eau ni chauffage au centre de l’Alaska, il n’est pas loin. Quand, ils pillent les maisons, tuent les phoques sans raison, s’amusent à la chasse au phoque, il est là.
La guerre se finit, Eben Hospon fait ce qu’on lui dit, il reste à Nome pour installer les radars contre les missiles balistiques russes. Il est un soldat accompli, l’Amérique a besoin de lui, il ne rentrera à Barrow qu’en 1946.

 Espace collabo 
le 26/07/2011
 

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Voici la vidéo d'une rencontre qui a eu lieu le 19 juillet 2011 dans la ville de Fukushima, entre des représentants de la population de Fukushima et Akira Satoh, directeur de l'Etat major de crise local pour la sécurité nucléaire

- Comme les autres gens, la population de Fukushima a le droit d'éviter l'exposition aux radiation et d'avoir elle aussi une vie saine. Etes-vous d'accord?

AS. : Le Gouvernement a essayé de réduire la dose d'exposition aux radiations au maximum possible.

- Vous n'avez pas répondu à ma question ! Donc vous dites qu'ils ne l'ont pas fait?  Il en ont le droit ou non ? Vous même ne pensez-vous pas que vous avez le droit de vivre une vie saine !?

AS : Ce que je dis, c'est que le gouvernement a essayé de réduire le plus qu'il a pu la dose d'exposition aux radiations.

- Le gouvernement n'est-il pas en train d'appliquer des standards différents pour la population de Fukushima ?

AS. : ...

- Il y  a des gens à Fukushima qui veulent évacuer. S'il vous plaît prenez la responsabilité de les évacuer.

AS. : ...

- S'il-vous-plaît répondez avec un commentaire.

- S'il vous plaît répondez.

AS. : Bien, si vous le voulez, vous êtes libres d'évacuer à vos propres risques. Si les gens vivent dans un endroit sain, le gouvernement leur demande de rester où ils sont.

- Même dans le bloc communiste, l'Union soviétique a rapidement évacué les populations de Biélorussie après l'accident de Tchernobyl.

AS. : ...

- Mon Dieu pourquoi le Japon, une nation libre, ne pourrait pas faire de même ?

AS. : ...

- L'Union soviétique a évacué 240.000 enfants en deux semaines!

- Qu'est-ce que le gouvernement a fait pendant les quatre mois passés !

AS. : ...

- Nous vous demandons de tester l'urine des enfants sans attendre. Et nous aimerions aussi être informé sur qui va faire ces tes et comment ils seront conduits.

AS quitte la salle.

- S'il vous plaît, prenez cet échantillon d'urine avec vous !

- C'est si absurde.

- Testez cet échantillon d'urine !

- Mais qu'est-ce que vous faites !?

- Testez cet échantillon !

- Pourquoi refusez-vous !?

- D'après vous, vous êtes en train de faire quoi là!?

- Je vous en prie prenez cette urine avec vous !

- Prenez l'échantillon !

- S'il vous plaît prenez l'échantillon.

AS. : Ça n'est pas de notre ressort.

- Nous vous prions de l'apporter au gouvernement central.

AS. : Ça n'est pas de mon ressort du tout.

- Qu'est-ce que vous voulez dire par ça  !?

- Vous ne pensez pas que vous devriez l'amener avec vous ?

- Ils ont apporté cet échantillon exprès pour vous aujourd'hui.

- Oui aujourd'hui, comme ils l'avaient promis?

- Vous aviez dit avant que s'ils apportaient de l'urine vous la feriez tester, rappelez-vous !?

- Vous vous rappelez !?

- S'il vous plaît prenez l'échantillon avec vous !

Quelqu'un bloque la porte.

- Stop! Stop ! Je vous prie de communiquez avec nous comme entre personnes civilisées! Qu'est-ce que vous croyez que vous allez faire ? Vous pensez que les bureaucrates à Tokyo sont plus importants que les gens de Fukushima ?

AS. : Ça n'est pas de mon ressort.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point