Extension du domaine du
rond point
Publié le 11/09/2012

Espace collabo

 

Elosterv


Elosterv, de mon vrai nom Elodie Stervinou.
J'ai 24 ans je tiens mon blog sobrement et égocentriquement appelé "Elosterv", depuis 3 ans.
Et je suis quelqu'un de super sympa.
Partager
a

Pourquoi moi ?



 Espace collabo 
le 21/11/2010
 

La manie de la collection est aussi vieille que l’Humanité. L’homme collectionne n’importe quoi : timbres-poste, poupées à tête de porcelaine, porte-clefs, soldats de plomb, cartes postales ou couvercles de camembert. Et les fossiles, évidemment. Des collections des grands musées avec leurs magnifiques squelettes debout jusqu’au butin artisanal destiné à prendre la poussière sur un dessus de cheminée.

Une des plus surprenantes collections de fossiles a été retrouvée dans une grotte de Bourgogne et elle appartenait à un homme de Néanderthal. Lequel était couché depuis cinquante mille ans dans sa dernière demeure rupestre, entouré d'un trésor de coraux, de mollusques et autres gastéropodes fossiles qu’il avait entassés du temps probable de son vivant. On ignore à quelle fin... Car ces animaux-là le précédaient dans le néant de près de deux cent millions d’années et ne pouvaient constituer une source de protéines pour sa famille, certes coutumière de la disette.

On est en droit d’imaginer que ce premier paléontologue de l’histoire de l’Humanité, alerté par les formes tarabiscotées de ces cailloux un peu spéciaux, les avait ramassés dans le seul but d’inaugurer une nouvelle future collection. Une collection de fossiles collectionneurs de fossiles. 

 Espace collabo 
le 28/12/2010
 

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici.

En Grèce antique, le parasite était un officier qui percevait le blé et assistait le prêtre. Il prenait de droit une part sur ce qu’il percevait. Chez les Romains et jusqu’au Moyen-Age, le terme désigna un pique-assiette, qui était là pour divertir le seigneur pendant son repas. Il y prenait sa part et faisait rire le gros pour l’aider à digérer.
Le parasite paie son repas en "monnaie de langue", comme l’écrit Michel Serres. Dans les "salons" latins, il devint de bon ton d’avoir son parasite à la table. La technique se développa, s’affina, trouva ses adeptes, ses écoles. Il s’agissait, non sans ironie, de flatter, d’écouter, de faire rire, de ne jamais contredire directement. Le parasitage était un art de la brosse mais aussi de la satire. Avec une fonction éminemment sociale. Le riche y trouvait son lustre et l’artiste son ventre. Le parasite habile s’en moquait à ses dépens. Il connaissait les arts, les lettres, la poésie.
L’anecdote est belle du tyran Denys et du parasite Philoxène. À la fin d’un banquet le tyran lit un de ses poèmes puis demande son avis à Philoxène sur la qualité des vers. Celui-ci répond que son poème ne vaut rien. Denys, vexé, l’expédit aux carrières. Le lendemain, le tyran l’invite à nouveau et lit un autre poème. Philoxène se lève et dit "Que l’on me reconduise aux carrières". Sa repartie désarme le tyran et le sauve.
Exercice difficile que celui de bouffon et de pique-assiette, de troubadour et de satiriste. Mais sans talent, le parasite n’est qu’un lèche-botte que l’hôte aime humilier. Un profiteur. Un lâche. C’est cette dernière dimension qui est restée, oblitérant totalement l’insolence poétique de l’art parasitaire.
À partir du dix-huitième siècle, le mot illustre, en biologie et en médecine, un organisme qui vit aux dépens d’un autre. Puis au vingtième, il s’infiltre dans le langage informatique, voire économique. Qu’il désigne un ver, un virus ou un homme, il n’est plus connoté que négativement. Comme c’est dommage. Le parasite, le pou, le poète, ont en commun ces façons de profiter du gros corps qu’ils devraient servir. Avec élégance et finesse, ils savent saper.


Thomas Vinau s'intéresse aux choses sans importance et aux trucs qui ne poussent pas droit. Est un etc-iste et un brautiganiste. Se prend parfois pour le fils de Bob Marley et de Luke la main froide. S'assoit sur le canapé. Se reprend. Décapsule. Ecrit des textes courts et des livres petits.
Il est aussi chroniqueur pour ventscontraires.net
etc-iste.blogspot.com

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point