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rond point
Publié le 12/09/2012

Espace collabo

 

Dominique Cozette


Je nais, je hurle, je fais chier, je fais des touches, des conneries, de la musique, je me marie, je fais une fille, je m’emmerde, je divorce, je fais la bringue, du piano, de la pub, des chansons, du chili con carne, des romans, je fais du bien, je fais du mal, du roller, de la peine, je fatigue, je me fais jeter, je persifle et signe, je chante, je soude, je me remarie, je peins, j’accroche, je décroche, je m’accroche, enfin j’essaie.
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Oui, j'ai couché souvent par politesse, par lâcheté, par flemme

J'ai souvent couché par politesse parce qu’il m’avait offert une belle soirée, un beau cadeau, qu’il avait été gentil, galant, attentionné. Dans ce but. C'était purement un marché à honorer qu'il fallait que j’honore. J'ai couché par lâcheté aussi, pour ne pas avoir à me battre, à risquer la violence, les coups, les insultes, quelque chose dont je ne serais pas sortie indemne. J'ai couché bien souvent par flemme car dire non est source de débats inépuisables et d'argumentations désagréables sur la mécanique interne  qui soumet la faible femme aux effets humiliants des hormones et donne raison à l’homme d’être ce qu’il est : le chef. J'ai couché plus qu’à mon tour par habitude, parce que c'est samedi, parce qu'il fait froid/chaud, parce que les enfants sont en vacances, parce qu'il n'y a rien à la télé, parce qu'on a bu, parce que ça se fait... Bien sûr, j'ai aussi refusé de coucher. Ça m'a valu quelque luttes physiques éprouvantes, altercations usantes, menaces pénibles, mépris aussi. Parfois rien. Vous pouvez me dire : t'avais qu'à pas aller avec tous ces hommes. Je pourrais vous répondre : c'est d'un seul homme qu'il s'agit, le père de mes enfants, l'homme qui m'a choisie et qui m'aime. Un homme amoureux, jaloux, primaire, possessif et ardent. Je pourrais ajouter qu'heureusement, la majorité des fois où j'ai couché avec un homme, c'était par pur plaisir. Mais faut-il croire vraiment tout ce que racontent les femmes ?

 Espace collabo 
le 21/03/2013
 

Succès remarqué en édition numérique, le roman issu de l'univers des vidéos gamers "Le jeu continue après ta mort" écrit par Jean-Daniel Magnin est disponible depuis peu en format papier.
Vous y découvrirez les carnets secrets d'un geek, prince des jeux en ligne, parfait exemple du nolife. Sous forme de conte, vous suivrez les vies fabuleuses de Thout' Nielsporte, à travers la planète qu'il a créée en réseau "Big pizza". Utilisant tous les codes et mots des mondes virtuels, cette dérive fantastique se lit d'une traite.
Comme le dit si bien Christian Boltanski : "On ne meurt plus. Un jour, on vous débranche."


TITRE : Le Jeu continue après ta mort
AUTEUR : Jean-Daniel Magnin
EDITEUR : Publie Papier
ISBN : 978-2-8145-9627-6
PRIX : 18,00 €
NOMBRE PAGES : 344
> la Librairie du Rond-Point
> les éditions Publie Papier
> version numérique aux éditions Publie.net

 Espace collabo 
le 14/09/2012
 

Ce ne sont pas vos z'anges et vos z'âmes qui me diront ce qu'est ma boue
Ni vos z'autos et vos z'alarmes qui me tiendront chaud dans le trou
Moi j'ai les deux pieds dans la vase et cette vase c'est ma cabane
Je peux crever en un clin d'oeil et tuer juste pour être aimé
Je ferme les yeux pour les ouvrir et les use sur du papier
Moi mon papa est une amibe et ma maman un bout d'étoile
Je comprends rien j'ai faim je rêve j'aime dormir et me réveiller
Quand je danse je tombe illico et me relève plus fatigué
J'ai des couleurs dans mes douleurs
Je cours pour n'aller nulle part je plante des graines dans mon rire
J'attends demain en souvenir et je serre la main du hasard tant que mon coeur a sa becquée de baisers à la confiture de poules de rats et de rosée de pluie d'orties et de bitures de frondes et de doigts d'honneur de surprises d'épines et d'épaules
Moi j'ai les deux pieds dans la vase qui peut avoir suivant les jours une vraie haleine de charogne ou une très belle odeur de menthe

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point