Extension du domaine du
rond point
Publié le 26/07/2012

Je lance ma chronique

 

Irina Koprivc


Moitié Slovène, moitié Française, j’ai étudié (un peu) le cinéma à Ljubljana. Puis j’ai découvert (beaucoup) la vie à Paris. J’aime les gens, les balades sans parole et le chocolat noir à 85%. Je n’aime ni les bananes, ni le prêt-à-penser, ni la facilité. Depuis peu, à force d’observer mes semblables, j’ose écrire. Et je crois bien que ça me plaît.
Partager
a

Une robe et beaucoup de bourrins

En France certains trucs, avec moi ça ne prend pas. Je suis à moitié française et à moitié slovène, ceci doit expliquer cela. Il y a quelques années, je me souviens, on a fait tout un foin du téléfilm "La journée de la jupe", avec Isabelle Adjani. Soit disant que les filles et les femmes de la banlieue ne pouvaient pas se mettre en jupe sans être traitées de putes. Par qui ? Par les "jeunes des cités", ces gars au teint basané voire chocolat et à la casquette vissée de travers. Une "racaille" que l'ex président Sarkozy voulait nettoyer au Karcher. Depuis, Sarkozy s'est fait nettoyer (c'est celui qui dit qui y est), et la racaille a essaimé. On fait semblant de ne pas la voir, mais moi je sais où elle est. Dans les endroits chics, de haute "chiquitude" même. A l'Assemblée nationale, au sein du CAC 40. Elle a troqué casquette, baskets et survêts contre costards cravate, chemises impec et chaussures cirées. Elle s'est fait blanchir la peau, les cheveux, elle est sortie de grandes écoles style Polytechnique ou l'ENA, elle a pris des patronymes qui fleurent bon le bon français, elle a hérité de parents fortunés, émigré dans les hôtels particuliers des beaux quartiers, elle a tout fait pour tromper son monde, la garce. Mais dès qu'une femme s'habille en femme, rien à faire, elle se lâche! En plein mois de juillet, Cécile Duflot se pointe à l'hémicycle en robe bleue chamarrée (traînée !) et hop, voilà notre racaille de souche qui la hue et la chahute, avec l'élégance que le monde entier lui envie. Du coup j'ai enfin compris pourquoi la France interdit le port de la burqa : c'est pour mieux siffler les salopes mon enfant !

 Piste d'envol 
le 11/02/2013
 

Six sous papes


Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais mon pape m'a présenté sa démission. En réalité, je vous le dis, il l'a présentée au Petit, enfin à mon gamin, enfin, je veux dire, au Christ, vu que je disputais au moment même un important match de ping-pong contre St-Pierre. Mais comme pour une sombre histoire de Trinité nous sommes plus ou moins la même personne, ça revient au même.

C'est dommage, je commençais à peine à m'y habituer, à ce pape, et déjà il va falloir en trouver un autre. A part sa manie de parler en latin, il était finalement plutôt sympa. On a un peu causé de la succession avec le Petit. Lui, il est d'avis qu'il faudrait moderniser la fonction, s'ouvrir à de nouveaux marchés. Il aimerait qu'on prenne un Chinois, ou une femme. "Ah non, pas une femme", lui ai-je répondu, "tu as vu ce que ça a donné la dernière fois ? Un roman de Dan Brown !" Moi, je n'ai pas trop d'avis, à part que j'aimerais qu'il choisisse un nom marrant comme Pie ou Eutychien. J'ai quand même dû sermonner mon Pape. Normalement, ils n'ont pas le droit de démissionner, c'est moi qui me charge du truc en les rappelant à moi. Là, je suis pris au dépourvu, je n'ai même pas eu le temps de refaire le stock de fumée blanche. Je lui ai dit "la prochaine fois, vous respecterez le protocole, vous serez bien urbain !" Il m'a répondu "Non, Benoît, pas Urbain !" Alors je lui ai demandé d'arrêter de faire l'innocent.

 Piste d'envol 
le 18/01/2011
 

Elle et lui (série)


Histoires vraies ou presque

Elle et lui dans un grand hôtel, après une nuit d'amour. Elle : J'ai faim. Silence. Lui : Ils ont dit 20 euros par petit déjeuner, c'est un peu cher, non ? Elle : Je crois que je vais rentrer.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point