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rond point
Publié le 28/07/2012

Espace collabo

 

Le Tampographe Sardon


Le Tampographe ne fabrique jamais de tampons sur commande. Il n'aime pas les artistes, il s'intéresse pas à leur travail, il n'a aucune curiosité pour les merdes qu'ils produisent généralement, s'il pouvait il les emploierait volontiers à goudronner les routes, curer les fossés, vider les poubelles ou creuser le canal Seine-Volga.

Son site : http://le-tampographe-sardon.blogspot.com/
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Travaux d'aiguille

J'aime beaucoup les travaux d'aiguille, j'ai appris à tricoter de bonne heure, essentiellement pour faire chier mon père qui me voyait déjà jouer deuxième ligne à l'Aviron Bayonnais.

Le tricot et la couture sont incompatibles avec le jeu à XV. Mon père m'a inscrit à l'école de rugby, où je me rendais tous les samedis avec le petit sac à dos que j'avais cousu moi-même. Mes camarades m'appelaient Pédé, Tapette, Fiotte, et crachaient de solides glaviots verts et blancs sur mes affaires quand j'avais le dos tourné. Ensuite ils allaient se doucher tous ensembles et se savonnaient lentement devant des messieurs du club qui venaient dans les vestaires pour repérer de nouveaux talents. On voyait clairement, à la bosse qui enflait sous leurs pantalons, qu'ils appréciaient véritablement la robuste jeunesse basque aux fesses de montagnards naïvement luisantes de gel-douche.
Le résultat de mes efforts pour apprendre le point jersey et le crochet ne s'est pas fait attendre, on m'a retiré de l'école de rugby et j'ai eu la paix pour un moment.



 Espace collabo 
le 08/08/2011
 

Je ne sais pas pour vous, mais moi, cette pub me donne une impression de déjà-vu. Là.

Sauf que là, le héros est en plein bad trip. Je ne sais pas vous, mais moi je ne suis pas en plein bad trip. Et pourtant je vois ça.

Ca, c’est une famille absolument normale. Le papa s’appelle John-John et la mère s’appelle Becky. Ils se sont rencontrés en 1992 sur une croisière dans le Pacifique, et dès le premier coup d’œil ils ont su qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. John-John était aventurier, il chassait des trésors, mais pour Becky il a accepté de se ranger et il est devenu astrophysicien à mi-temps (l’autre moitié du temps, il est maître-nageur bénévole à Lampedusa et il passe ses nuits à cuisiner du riz arborio pour envoyer du risotto aux courgettes à la Somalie). Ils se sont installés à Meudon où ils ont acheté une maison avec la dot de Becky. Ils ont eu leurs deux enfants du premier coup et coup sur coup, car Becky était très fertile. Ils ont appelé l’aîné Bernard et la cadette Emmy. Emmy parlait 3 langues à l’âge de 4 ans et aime par-dessus tout Bach et le mouvement dada, tandis que Bernard ne s’intéresse qu’au foot et aux équations du 3ème degré.

Mais Becky s’ennuie dans cette vie trop parfaite. John-John l’aime-t-elle toujours autant depuis qu’elle a pris 544 grammes avec ses deux grossesses ? Peut-être réalise-t-elle aussi que sa lessive ne respecte pas les couleurs, et que les vêtements de sa famille ont tendance à devenir ternes au fil des lavages. Ca la rend triste.

Heureusement pour son anniversaire, John-John décide de la surprendre : il lui achète Grup, une lessive en bulles pour un linge aux couleurs éclatantes. Betty est heureuse : ça y est c’est sûr, John-John est toujours fou d’elle. Pour fêter ça, toute la famille se retrouve au milieu de son jardin (John-John a ramené cette variété de gazon vert fluo de Patagonie) en se tenant la main pour regarder Bernard renvoyer leur ballon de foot aux voisins.

L’important vous comprenez, c’est qu’on puisse s’identifier.

 Espace collabo 
le 10/01/2011
 

On avait découvert ses restes, à plusieurs années d'intervalle, dans une carrière du Sussex. De pauvres restes en vérité : un fragment de crâne humain et un débris de mâchoire qui ressemblait à celle d'un orang-outang. Le tout soigneusement emballé dans un environnement crédible. Il n'en fallait pas davantage à quelques scientifiques zélés pour y reconnaître le fameux « chaînon manquant » annoncé par la théorie darwinienne. Cette trouvaille hériterait du nom d’Eoanthropus et sèmerait une fichue pagaille dans les rangs partagés de la paléontologie.
Car ce fossile remarquable contredisait toutes les découvertes effectuées dans les ravins d'Afrique de l'Est où s'imposait l'évidence d'un mécanisme évolutif tout à fait opposé, incarné par les Australopithèques. Aucun ancêtre de l'homme ne semblait devoir associer de manière aussi convaincante des caractères anatomiques simiesques et humains. Ce qui n’empêchait pas l'imposture de rassembler ses zélateurs. Et il fallut attendre une bonne cinquantaine d'années pour qu'elle soit enfin dénoncée. L'homme de Piltdown était un faux, une chimère fabriquée avec un crâne d'homme médiéval et une mâchoire d'orang-outang, vieillis, limés, traités pour donner l'apparence du vieux.
Quelques années plus tard, le British Muséum organisait une exposition sur les origines de l'homme et le célèbre faux y occupait une vitrine de choix. Le commissaire d'exposition qui y promenait les étudiants, s'arrêtait souvent devant cette vitrine et il souriait avec malice afin de commenter de manière théâtrale : " N'en doutez pas ! Il s'agit d'un faux!" La valeur de l'original justifiait à elle seule le fait qu'on en expose une copie ? A moins d'y voir une manifestation du sens de l'humour britannique ?

 Espace collabo 
le 25/02/2012
 

On nous montre sur l'écran une fiction très éloignée des faits réels qui l'ont inspirée. En réalité, le petit palestinien de Gaza qui cueillit la bouteille sur la plage, adressa à la petite israélienne un message qui disait en substance : « si vous pouviez arrêter de nous balancer vos déchets, en plus du reste. »

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point