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rond point
Publié le 24/07/2012

Je lance ma chronique

 

Lucas Taïeb


Dessinateur névrotique autodidacte depuis 2002, l'essentiel de sa carrière pouvant se résumer ainsi. Pendant tout ce temps il a essayé en secret d'inventer la seule littérature qui vaille le coup, il peut enfin dévoiler de quoi il s'agit, le monde semble assez mûr. Lucas Taïeb écrit ici mais aussi là : http://defini.canalblog.com/
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Stupéfaction à Conflans-Sainte-Honorine

Stupéfaction à Conflans-Sainte-Honorine : le gars connu pour la perversité de son âme était en fait le gars encarté dans 157 associations humanitaires.
Jeanine, voisine mitoyenne atterrée, témoigne : "On le croisait souvent, il faisait tout un boucan sous nos fenêtres en rotant bruyamment et en chantant à tue-tête des chansons paillardes, il avait tué mon frère, violé ma soeur, et voilà qu'on apprend qu'il était activiste pacifiste tiers-mondiste humaniste ! Si on l'avait su !"
Cerbère, le clébard avec qui il dirigeait l'organisation zoophilo-sataniste Les Chiens Damnés de L'Enfer, aurait laissé échapper un "wif ?" perplexe à l'annonce de la nouvelle.




 Piste d'envol 
le 13/08/2011
 

La planète des singes, c'est de la bombe !


On y va pour se distraire et on sort de là bouillonnant

Si j'étais le New World Order, voilà un film que j'interdirais fissa fissa! Révolution ! Révolution !  On y va pour se distraire et on sort de là bouillonnant ! Why ?
Quel film! Comme "Z" de Costa-gavras, 'la planète des Singes" exalte ce sentiment d'injustice qui nous ronge. Les hommes ne se préoccupent que d'expériences foireuses, de rendements boursiers et l'humanité, cette belle humanité pour laquelle nous voulons nous battre,  échoue dans les yeux et dans les coeurs de singes qui jouent les Spartacus. N'écoutez pas les critiques. Ils minimisent. Ils sont payés par l'ennemi. On a le coeur traversé par de superbes images, par des situations qui vous pressent comme un citron de larmes. Le début du film est d'une vivacité époustouflante. La fin, un morceau de bravoure comme la course de Ben-Hur. "Non"! hurle César, le singe aux beaux yeux balafrés par la folie des hommes et ce "Non!"sont il nous l'inscrit dans le ventre avant de voler sur la canopée des séquoïas des anciens temps! Libre! Le seul collier que nous voulions autour de notre cou!

 Piste d'envol 
le 20/08/2011
 

Plaisirs exquis


Il y a ceux qui se payent des vacances. Une agence les conseille et les met en avion. Avec leurs bagages ils déboulent sur la plage. On les sert, les anime, les sort un petit peu. Pas de casse-tête, c'est le repos. Il y a ceux qui se payent un psy. Ils se font des soucis, se sentent seuls, malheureux. Alors ils viennent, ils s'allongent, ils s'épanchent. Ils sont écoutés, on parle d'eux, on les traite. Il y a ceux qui se payent des putes. Un numéro de secours, et on n'est plus un célib' abruti, mais un client chéri. Pas de temps pour les fleurs, les scènes, les promesses. Dans six heures c'est lundi, les bouchons, le patron... Il y a aussi clubs, abonnements et assos... Mais moi je fais mieux, j'ai mon truc ingénieux. Je me donne un sujet, super vague et complexe, et je lis des bouquins, autant que je peux (la plupart ont l'air de coq-à-l'âne, mais tant mieux). Je me fais des idées sur la Culture, l'Univers ; je compose des schémas, m'imagine une auteure. Et puis je me paie un savant professeur. Il m'écoute, on parle de philosophie, de romans. J'ai l'impression de dire quelque chose d'important. D'habitude, c'est pour trois ans. Mais je vais prolonger, tellement c'est accrochant.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point