Extension du domaine du
rond point
Publié le 14/07/2012

Je lance ma chronique

 

le renversiste


Il peignait l'intérieur de ses tubes de peinture
Il peignait de sa toile le manche des pinceaux
Il peignait sans peinture le derrière du portrait
Pour montrer les couleurs et du noir et du blanc
 
Il cherchait dans ses rêves les détails du réel
Il cherchait dans le monde l'irréel de l'envers
Il cherchait dans son cœur les impuretés du ciel
Pour saisir la raison de ses toiles à l'envers

Effacer sans effroi tout le fond de ses formes
Déchirer les pinceaux arracher la peinture
Sous ses pas de géant tout petit minuscule

Puis peindre comme ses pieds tout l'empire du pire
Pour salir les travers de l'affaire de l'homme
A l'envers et contre tous il se jouait de l'Art.

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Le 14 juillet, c'est la fête à Pollock.



 Piste d'envol 
le 11/02/2013
 

Six sous papes


Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais mon pape m'a présenté sa démission. En réalité, je vous le dis, il l'a présentée au Petit, enfin à mon gamin, enfin, je veux dire, au Christ, vu que je disputais au moment même un important match de ping-pong contre St-Pierre. Mais comme pour une sombre histoire de Trinité nous sommes plus ou moins la même personne, ça revient au même.

C'est dommage, je commençais à peine à m'y habituer, à ce pape, et déjà il va falloir en trouver un autre. A part sa manie de parler en latin, il était finalement plutôt sympa. On a un peu causé de la succession avec le Petit. Lui, il est d'avis qu'il faudrait moderniser la fonction, s'ouvrir à de nouveaux marchés. Il aimerait qu'on prenne un Chinois, ou une femme. "Ah non, pas une femme", lui ai-je répondu, "tu as vu ce que ça a donné la dernière fois ? Un roman de Dan Brown !" Moi, je n'ai pas trop d'avis, à part que j'aimerais qu'il choisisse un nom marrant comme Pie ou Eutychien. J'ai quand même dû sermonner mon Pape. Normalement, ils n'ont pas le droit de démissionner, c'est moi qui me charge du truc en les rappelant à moi. Là, je suis pris au dépourvu, je n'ai même pas eu le temps de refaire le stock de fumée blanche. Je lui ai dit "la prochaine fois, vous respecterez le protocole, vous serez bien urbain !" Il m'a répondu "Non, Benoît, pas Urbain !" Alors je lui ai demandé d'arrêter de faire l'innocent.

 Piste d'envol 
le 25/08/2010
 
 Piste d'envol 
le 12/11/2011
 

Miam


Histoires de bouffe

Sérieusement, tout ce qui est beau n'est pas forcément bon. Et tout ce qui est bon n'est pas forcément beau. Voire même moche, ragoûtant, vraiment pas appétissant. Ce qui n'est pas contradictoire avec le délicieux, le tendre, le jubilatoire. Prenons un exemple : un crumble rhubarbe-praliné. Vous prenez un paquet de rhubarbe surgelée ou quelques branches de rhubarbe fraîche. Vous jetez dans une casserole la rhubarbe tronçonnée, un peu de sucre roux et un poil d'eau. A feu doux, vous attendez que ça compote gentiment. Vous installez le tout dans un plat à gratin et dispersez par dessus les carreaux d'une plaquette de chocolat praliné. Dans un saladier, vous mélangez à la main 80 g de beurre mou, 100 g de sucre roux et 120 g de farine. Vous répartissez les miettes obtenues sur la rhubarbe et mettez le tout au four à 200°C. Vous sortez la chose avant que ça crame. Résultat, une bouillie marronnasse croustillante et fondante, un exquis tas de boue doux, sucré et automnal. Comme quoi, faut pas se fier aux apparences hein.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point