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rond point
Publié le 13/03/2012

Auteurs maison

 

Eric Chevillard


Eric Chevillard est écrivain. Mais ses romans (une quinzaine, parmi lesquels Mourir m’enrhume, Palafox, La Nébuleuse du crabe, Du hérisson, Oreille rouge, Choir, Dino Egger) ne sont pas tout à fait des romans, ses nouvelles (Scalps, Commentaire autorisé sur l’état de squelette) ne sont pas exactement des nouvelles, sa poésie (Iguanes et moines)  n’est pas ce qu’on appelle de la poésie et son journal n’a rien d’intime puisqu’il est publié assidument sur son blog http://l-autofictif.over-blog.com/. Ses livres paraissent aux éditions de Minuit, Fata Morgana et l’Arbre vengeur.

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De qui se moque-t-on ?

9. L'eau

L’eau, j’ose espérer que nul ne va venir me chanter qu’elle nous lave et nous désaltère ! Attention : celui qui s’y risquerait pourrait bien recevoir sur la tête le contenu du seau que je garde en réserve pour aider mon chien à se retirer de ma chienne lorsqu’ils se retrouvent collés cul à cul comme deux gendarmes (et je ne parle évidemment pas des punaises rouge et noire de nos jardins mais bien des gardiens de l’ordre, quand le binôme se partage la surveillance du territoire – chacun un hémisphère), car, oui, je veux bien l’admettre, l’eau peut rendre quelques services – splatch !, et voici Pompon sorti de Bigoudi.      
Mais il ne manquerait plus que celle-ci ne nous soit jamais d’aucune utilité ! Songez qu’elle inonde abusivement les deux tiers de ce globe terraqué – en sorte que l’homme a quelques excuses s’il patauge ainsi depuis que le monde est ce marécage. Non contente de lâcher sur nous ses hallebardes puis de ruisseler dans notre cou par le défaut de notre armure pour nous refiler son rhume, l’eau entrerait encore pour les deux tiers dans la constitution du tissu même de notre corps – et voici deux autres tiers submergés ! –, s’il faut en croire du moins les anatomistes qui devaient être sérieusement imbibés en effet lorsqu’ils se sont livrés à ces observations ; leurs épouses auront apprécié, je suppose, de se voir ainsi traitées publiquement de serpillières. C’est élégant !      
Désolé, moi je ne suis pas si poreux ; hermétiquement poète, et si mon cœur est sec, Finette, Agathe et Suzie s’y trouvent à l’abri des averses.      
Mais quoi ! Et s’ils avaient raison, pourtant, tous ces scientifiques hydrophiles ? Les deux tiers du globe et les deux tiers du corps entièrement aqueux ! Où vivre donc, et comment, sans sombrer inéluctablement ? Serions-nous des poulpes, des poissons, ces créatures absurdes qui grouillent dans les abysses et dispersent leur frai dans les courants ? Ne sommes-nous pas plutôt de robustes gaillards, solidement charpentés autour d’une poutre maîtresse érigée par le désir même ?      
Or donc, que faire, mes amis, une fois de plus, que faire ? Rien de plus que cela : crachons, pleurons, pissons vers les cieux bruns, très haut et très loin, vidons-nous de toute cette eau, puis, cela fait, accroupis, à genoux, sans faiblir, épongeons ! Alors, lestés d’une évidence nouvelle, sauvés de ce perpétuel naufrage, nous reprendrons pied sur la terre ferme, nous lèverons en cheminant de légers nuages de poussière et de cendre ; et, sans craindre désormais de maculer leur velours d’horribles auréoles, nous jouirons voluptueusement de la douceur des choses.

 Auteurs maison 
le 17/06/2010
 

Le réel ressemble exactement à ce que l'on voit dehors, quand il pleut du vent et que les fraises traversent la route pour aller à l'école. Le réel, on s'en fait tout un monde, alors qu'on en a même à la maison posé sur le buffet. Même des fois, sans faire attention, on en mange, assis autour d'une table, avec des amis. Alors franchement, cessons de regarder le réel comme une bête curieuse. J'ai vu un jour une dame qui en avait dans ses cheveux.

 Auteurs maison 
le 28/03/2012
 

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Les élections israéliennes et américaines approchant, le gouvernement Netanyahu prépare son opinion à une possible attaque contre l'Iran. En face Ahmadinejad promet des représailles dévastatrices... Mais qu'en pensent les citoyens des deux pays ? Avec le succès du film iranien "Une séparation" actuellement sur les écrans en Israël, conscients qu'Iraniens et Israéliens ont plus de points communs qu'on ne veut bien le leur dire, Ronnie Edri et Michal Tamir, deux graphistes à Tel-Aviv, ont choisi d'adresser un message pacifique à leurs voisins via Facebook : "Iraniens, nous vous aimons, nous ne bombarderons jamais votre pays". De nombreux Israéliens ont repris le même appel en y insérant leur photo. Très vite la réponse des Iraniens a été massive : "Israeli people we love you". Cette fraternisation en ligne entre simples citoyens veut aujourd'hui aller au-delà de Facebook, comme Ronnie Edri le dit (en anglais) dans la vidéo ci-dessus. Ventscontraires.net reprend avec un grand plaisir son appel. A vous de le relancer plus loin.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point