Jean-Daniel Magnin
Publié le 23/07/2011

Crise : saison touristique en chute libre au lac Balaton


Carte postale de Hongrie

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De mémoire de plagiste on n'avait pas vu ça depuis la dernière guerre : la fréquentation touristique est anormalement basse autour du lac Balaton ("le lac plat"), cette mer intérieure autour de laquelle les Hongrois se retrouvent dès les beaux jours et où les familles des deux Allemagnes se recomposaient le temps d'un été lorsque l'Europe était encore coupée par le Rideau de fer. Pourquoi plages, hôtels et restaurants sont-ils si peu bondés ? Selon quelques habitués interrogés au hasard, c'est la crainte d'une crise économique majeure dès la rentrée qui aurait dissuadé en grand nombre les habitués à venir se baigner dans ce lac où l'on a pied sur une centaine de mètres. La peur de la chute – économique – sans fond(s).

Mes rêves : ouvrir à 17 ans le Boui-Boui, café d’art à Genève ; filer à Berlin ; étudier la philo à Paris ; créer des spectacles « hors théâtre » aux festivals de Nancy, Polverriggi ou Avignon ; ouvrir Mac Guffin, cabinet de scénaristes ; voir vivre mes pièces de théâtre à la Renaissance, dans le In d’Avignon, à la Bastille, au Vieux Colombier avec la Comédie-Française, et à l’étranger. Et ce rêve de rassembler les écrivains de théâtre en 2000 ; et d’écrire avec Jean-Michel Ribes le projet du Rond-Point ; et là, de mettre ventscontraires.net sur la piste d’envol.

Dernière publication, un roman : Le Jeu continue après ta mort

 

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Le 4 janvier 2012 à 17:49

"Viktor Orban ne reculera devant rien"

Notre choniqueur hongrois Janos Xantus interrogé sur TV5Monde le 3 janvier 2011

Janos Xantus, cinéaste et metteur en scène de théâtre, vit à Budapest. En 1984, son film "L'esquimaude a froid", est remarqué à la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes. Hier il a manifesté pour protester contre l'entrée en vigueur de la nouvelle constitution hongroise mais aussi pour réclamer l'avènement d'une 4e République. "En Hongrie, nous n'avons pas l'habitude de manifester car durant 40 ans de dictature communiste, nous n'avons pas pu le faire. Ici, les syndicats qui étaient des organisations fantômes commencent à peine à exister. Il y a désormais de nouveaux dirigeants et c'est une joie car ces nouvelles personnalités seront peut-êtres les politiciens de demain. Viktor Orban ne reculera devant rien. C'est un politicien très arrogant et ce sont les situations dangereuses, extrêmes, qui lui donnent sa force. Cette constitution, c'est la partie visible de l'iceberg. Chaque jour nous sommes surpris par ce qui peut encore se passer ici. Tous les jours des lois absurdes sont proposées au Parlement. Nous voulons construire la 4e République, celle d'après la constitution de Viktor Orban. La manifestation d'hier a été l'occasion de rassembler différentes organisations civiles, les syndicats mais aussi des politiciens, de gauche surtout, et qui avaient pour consigne de ne pas parler. Ce rassemblement était important car il a montré que les forces démocratiques étaient capables de dire quelque chose ensemble, ce qui n'est pas évident dans ce pays. C'est un point important car les sondages montrent que les électeurs qui ne voteront pas pour le parti au pouvoir, le Fidesz, ne savent pas à qui ils donneront leur voix lors de la prochaine présidentielle en 2014. Je suis très optimiste de nature mais une chose est sure, pour qu'une démocratie soit légitime, les gens doivent agir pour construire le système dans lequel ils souhaitent vivre. Les Russes nous ont rendu notre liberté mais il il faut la travailler".L'article se poursuit par une interview d'Andras Sarato, directeur de Klubradio, la radio d'opposition en danger  - avec un lien vers l'article de ventscontraires.net sur le même sujet :"Les autorités n'accordent des entretiens qu'aux médias publics, totalement contrôlés. Ils mentent tous les jours à propos de la situation de Klubradio. Ils racontent que notre dossier n'était pas sérieux. Le conseil des médias a décrété qu'il fallait davantage de musique que de débats sur les ondes. Nous avons répliqué avec un pied-de- nez : nous avons chanté les informations !..."> L'ensemble du dossier consacré à la situation hongroise par Silvina Carbone est accessible ICI

Le 11 février 2012 à 09:20

La bourse ou la vie !

Comme je n’attends pas que la vie me donne des coups ou qu’un type me braque pour me piquer mon fric, je me suis mis un bon coup de poing dans le ventre, puis j'ai mordu ma main, avant de me tirer les oreilles. Je n’ai même pas eu mal, car je n’ai pas du tout peur de moi ! C’est tout de même moins impressionnant de se faire agresser par soi-même ! Dans la vitre de l’abribus, je me suis lancé un regard froid avec un tas d’insultes : « Pov con ! Donne-moi ton sac ! » avant de me menacer avec un couteau, à bout rond, en plastique — parce que je ne voulais pas avoir de problèmes avec les flics ! Je me suis fait les poches, puis j'ai couru, avec mon portefeuille sous mon pull, vers les toilettes publiques plantées sur la place de ma ville-dortoir. À l’intérieur, je suis tombé sur un vieux (aux grosses valises sous les yeux) qui pissait dans un urinoir bouché, en fredonnant du Brel. Quand il m’a vu, il a vite remonté sa braguette, et il est sorti, sans se laver les mains. En nage, j'ai plongé ma tête sous le robinet du lavabo, avant de me fixer avec un sourire carnassier, dans un miroir moucheté d'eau. J’ai ouvert le portefeuille que je venais de me voler, mais — cruelle déception — il ne contenait qu’un billet de cinq euros. Pourquoi prendre autant de risque pour si peu ? C’est vraiment la crise, les gens n’ont plus un rond sur eux ! Alors, j’ai foncé dans le premier café perdu, pour m’acheter un jeu à gratter. Optimiste ? Sûrement ! Je crois que la chance, ça existe encore, et qu’on ne peut pas recevoir que des coups dans la vie !

Le 27 septembre 2012 à 07:08

Inscrivons la réalité au livre des records

Entre le plus long baiser de cinéma et la plus grosse bulle de savon, le livre des records nous dresse le portrait de l'homme le plus lourd du monde... l'intéressé pèse près de 600kg. On rit, on moque, on plaisante et on dédaigne. De la même manière que le plus petit des hommes est opposé au plus grand, pourquoi le plus maigre n'est-il pas présenté au côté du pachiderme humanoïde de 600 kg confiné aux quelques mètres carré de son lit sur mesure, le sourire aux lèvres ? Moi, je verrai bien quelques photos de ces enfants squelettiques aux yeux jaunes, les paupières luttant contre le va et vient de la mouche parasitaire, les pieds fixés dans ce sable chaud, le visage poussierreux... fantôme immobile dans un paysage désertique. Imaginez le record, quelques 30kg pour 1m45 ! On peut même imaginer le record de la plus grande communauté d'affamés au km², de famine en une année, de pauvreté sur un continent entier... Les auteurs du livre des records pourraient s'amuser à établir des données aussi précises que celles pour le meilleur mangeur de hot-dog. Mais l'idée ne plaît pas. Pas assez spectaculaire comme record. La banalité du phénomène est trop grande, nous sommes trop habitués à cette misère pour être surpris. Mais que voulez-vous, si les choses sont ainsi, c'est bien qu'il y a une logique ! De toute façon, chez nous aussi, il y a des pauvres. Moi-même, étudiant, je fais des sacrifices: je mange des pâtes au beurre. Rions de toutes ces surprenantes images. A l'instant, je lis que la plus longue barbe fut taillée une fois le record établi... n'est-ce pas le symbole d'une sagesse disparue ? Inscrivons la réalité au livre des records. Ensuite, nous pourrons mesurer le phénomène et prendre conscience de sa gravité.

Le 28 novembre 2011 à 09:03
Le 19 juillet 2010 à 12:53

Sous Les Toits

Boulevard Magenta, 7e étage, 9m² mansardés jusqu’à la raie, pas de douche, robinet d’eau froide et chiottes sur le palier, 400 euros par mois. Si le soleil ne tape pas trop fort, jette un coup d’œil tout là-haut, dans l’arrondi de la toiture en taule, derrière chaque vasistas se planque un type en manque de tout. Toute la journée, il guette, sa petite radio à piles posée sur les genoux, il écoute les Grosses Têtes, les infos 15 fois par jour, il attend, il renifle, il tousse, il se marre, il dit merde, il roule sur son matelas, en écrase deux bonnes heures. Quant t’es pauvre, y’a pas grand-chose à branler, surtout à Paris. Marcher, s’asseoir sur un banc, lire deux, trois feuilles d’un journal, se rentrer, bouffer un cassoulet, descendre 3 litre d’un rouge dégueulasse, et basta. Tous les jours comme ça. Jusqu’à plus soif. Et rien en vue. Jamais. On était vendredi soir, mon voisin avait recouvert de merde les murs presque blancs des chiottes du palier, et la femme de ménage ne serait pas là avant mardi. J’ai cogné à sa porte. Il a ouvert en ticheurte calbute douteux. Il était raide. – Qu’est-ce tu me veux ? il a dit. – Pourquoi t’as fait ça ? j’ai demandé. – Pourquoi j’ai fait quoi ? il a dit. – Les chiottes, j’ai dit. – Si t’es pas content, c’est le même prix. Il m’a claqué la lourde à la gueule. Je suis retourné dans ma piaule en maudissant cet enfant de salaud. 30 ans qu’il vivait là, qu’il faisait la manche devant l’église de la gare de l’Est, ça lui donnait un certain pouvoir, quelques droits. J’ai ouvert une boutanche, me suis versé un verre, allumé une tige, et j’ai commencé à taper un poème à la machine à écrire histoire de passer le temps. Le temps d’être complètement raide. Le temps que tous les souvenirs bien vaseux me remontent à la surface, d’enclencher la radio. Et de chialer sur des musiques bien niaises.

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