Extension du domaine du
rond point
Publié le 28/05/2011

Espace collabo

 

La Régie


Annonceurs, décomplexez-vous ! Frappez au cœur ces intellectuels égarés, baladés au gré des vents contraires. Le temps qu’ils consacrent à lire, à se cultiver, à tenter en vain de combler leur irrémédiable “besoin de consolation” assis dans les sièges pourpres et mous de la culture en regardant gesticuler des saltimbanques à moitié homosexuels, est la preuve d’un profond désir de consommation. Offrez-leur la chance de retrouver enfin les sentiers lumineux de la convoitise, et la douce sérénité de la possession.
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La pédagogie du gendarme



 Espace collabo 
le 18/07/2012
 

Roger Gilbert Lecomte (1907-1943) était un bon poète et comme un certain nombre de bons poètes il brûlait. Il s'est consumé rapidement, en 36 ans, ce qui malgré tout ne l'a pas empêché d'avoir froid. Roger Gilbert Lecomte était un des quatre adolescents virtuoses qui ont fondé la revue Le grand jeu. Avec René Daumal, Roger Vaillant, et Joseph Sima. Ils sont les frères simplistes et bottent en passant le train d'André Breton et des surréalistes un peu trop sages. Le grand jeu connaissait les règles du jeu et c'est pourquoi ils voulaient tout essayer. Roger Gilbert Lecomte savait que nous ne sommes que des étincelles d'une pierre à briquet oubliée dans la nuit. Il a vécu le temps d'une flamme, mais il a tenu l'allumette jusqu'au bout. Ses lettres sont géniales et ses poèmes sublimes. Paulhan l'a soutenu. La Vie, l'Amour, la Mort, Le Vide et le Vent, voilà un titre qui vaut un bon paquet de livres. Roger Gilbert Lecomte est mort seul, pauvre et camé jusqu'aux doigts de pieds une nuit du 31 décembre. Son Monsieur Morphée est bien réédité en ce moment. Dans un de ses poèmes, Le fils de l'os parle, il écrit : « Je frappe de la tête en sang contre le ciel en creux / Au point de me trouver debout mais à l'envers »

 Espace collabo 
le 07/07/2011
 

Bon, il fait beau, je sors prendre le soleil au Père Lachaise avec mon appareil photo autour du cou. Depuis quelques jours je scrute les pierres tombale pour y trouver des noms ridicules; Famille Crétin, Famille Gronais, Famille Lecul, Eugène Labitte, Gisèle Neveu née Connard, Louis Anculais. Je passe devant les tombes en faisant hin hin hin et je photographie les inscriptions. Je marche dans les allées, j'enjambe des grappes de gendarmes, pas les militaires, les insectes, il y en a plein le Père Lachaise, j'ignore pourquoi.
Derrière le cyprès un peu penché:
Michel Cule
hin hin
Sur une pierre tombale en marbre rose.
Sabine Grosseix
hin hin hin
Sur un vieux caveau de famille
Famille Baisencourt
Hin hin hin
Je m'engage dans un petit chemin très étroit qui serpente entre les tombes. Sur une pierre tombale couverte de choses en céramique et en plastique:

Stéphane Crétin

hahaha

20 août 1978-30 septembre 1978.

"A notre bébé mort si tôt"
"A notre enfant chéri"
"Ta disparition brutale nous a déchiré le coeur à tout jamais".
Hahaha. Euh. Hum.
Je range alors mon appareil photo et je sors du cimetière en chialant.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point