Extension du domaine du
rond point
Publié le 11/05/2011

Espace collabo

 

Bar


Dessinateur de presse et illustrateur, Bar croque l'actualité avec un trait et un humour acerbe reconnaissables entre mille. Il a fini par céder au harcèlement de la rédaction de ventscontraires.net qui a tout fait pour le débaucher.

Son blog : http://baractu.canalblog.com/
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R.S.A., n'oubliez pas !



 Espace collabo 
le 28/03/2011
 

Quand j’étais gosse, le dimanche chez ma grand-mère, je m’ennuyais ferme, je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Ses magazines, parfois. Je me souviens, j’étais frappée par la mention Vu à la télé qui ornait les publicités. Dans les années 70, coller ce bandeau sur un produit c’était lui attribuer un sacré gage de fiabilité, la légion d’honneur. Ça faisait vendre. Depuis quelque temps, un label du même genre est apparu, sur les affiches de films. Vous avez le choix entre Inspiré de faits réels ou D’après une histoire vraie. Cette étiquette est elle aussi censée rassurer. Elle dit au spectateur : « Attention l’ami, ce que tu vas voir n’est pas né de l’imagination féconde d’un artiste, parle pas de malheur, c’est arrivé pour de bon. Certes, un scribouillard a mis l’histoire en forme, mais elle aurait pu être écrite par un autre, car l’auteur là on s’en tape. L’essentiel c’est que TOUT ce qu’on te raconte soit vrai. » Ce label Vrai de chez vrai, il me hérisse, et je reste polie. Pourquoi la réalité serait-elle plus intéressante que la fiction ? D’où ça sort, qui l’a décrété ? C’est juste une manière de museler les créateurs en laissant entendre qu’ils n’ont plus rien à dire, une façon sournoise d’endormir les spectateurs aussi, de bouter l’inventivité hors de la cité. La vraie vie est un matériau superbe, on le sait merci, mais elle n’est pas l’œuvre finale. Un artiste s’en nourrit par bouchées mais après il la digère, il la recrache avec ses tripes à lui, son point de vue. Créer n’est pas recopier. Jusqu’à présent, il semble que le théâtre soit à peu près épargné par ce fléau. Tant mieux. Car je ne veux pas savoir si Othello a existé en chair et en os, je me fous de croiser Vladimir et Estragon sur le trottoir d’en face. En vérité je vous le dis : j’ai horreur du réel !

 Espace collabo 
le 31/01/2013
 

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Mes amis, je vous présente Gonjasufi. Autrement nommé Sumach Ecks, Poussière crachée du soleil californien. Fils du désert et du vent, du sable et du béton. L'homme qui réconcilie tous les crotales, du Mojave jusqu'aux rives du Gange. Gonjasufi est musicien, prof de yoga pour poubelles, anachorète mystique et suricat enfumé. Sa musique est un cocktail molotov chuchoté, une soul chaotique et martienne, une soupe originelle. Mélange de hip hop, d'électro, de soul, de folk. Petite transe suante de sang et de son. Son alter ego producteur s'appelle Flying Lotus, pour situer l'ambiance, et ils sont juste en train d'inventer les rêves d'enfants sauvages du siècle prochain. Gonjasufi est le fils de Sparklehorse et de Tricky. Un buisson d'épine qui roule sur la terre rouge en ramassant des plumes et des aiguillons de scorpions. Écoute et tourne sur toi même jusqu'à ce que tu t'envoles au centre de la terre. Un condor te bouffe le foie et c'est bon.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point