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rond point
Publié le 07/05/2011

Espace collabo

 

Alain Guiavarch & Maël Canonne


Alain Guiavarch & Maël Canonne auraient rencontré Valérie Lemercier en octobre 2008, lors du lancement de leur roman photographique KLAC Artists'Book à la Villette (http://www.klac.fr).
Le problème c'est qu'elle ne s'en souvient plus malheureusement. 
Elle avait pourtant incité Jean-Michel Ribes à les rencontrer mais celui-ci n'a pas été franchement convaincu par ce duo d'imposteurs, sans doute parce que le plus petit avait commandé un lait-fraise au Restaurant du Théâtre du Rond-Point.
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Le culte des morts est-il un signe d'humanité ?

Ce que pensent les commandos qui ont éliminé Ben Laden

– On était à une trentaine de miles d'Islamabad. Steve a rapporté le corps en hélico jusqu'au porte-avion en Mer d'Oman. On l'a porté à deux... On était ici. Là ! Moi je tenais les bras et Greg tenait les pieds... A la une, à la deux... et à la trois ! Plouf !  C'est drôle la vie quand même... Pendant la guerre froide on a soutenu financièrement et armé les moudjahidines, les futurs talibans contre les communistes... Et puis on se retrouve, 30 ans plus tard, à balancer un homme à la mer... L'homme le plus recherché de la planète... Sans sépulture, sans prière... 
– Tu délires grave John ! C'est un putain d'enfoiré de terroriste, aucune pitié... Tu crois qu'il en avait lui de la pitié !? C'est pire que Satan ce type ! Moi je te dis, on aurait dû le larguer vivant au-dessus du Japon ! Comme Little Boy en 45, au beau milieu de Fukushima... Comme ça, tous ses fidèles extrémistes qui voudraient s'approcher de sa dépouille seraient irradiés !

 Espace collabo 
le 09/05/2011
 

Connue depuis l'Antiquité, la Licorne a très fortement marqué l'imaginaire du Moyen Age et de la Renaissance, époques où l'on prêtait à sa fameuse corne torsadée des vertus thérapeutiques contre certaines maladies incurables (en particulier contre la peste).  Elle était également utilisée comme panacée contre les poisons et contre les venins.
La dite corne se consommait fraîche, en poudre diluée dans un verre d’eau selon la prescription des charlatans de l’époque et elle provenait alors de l'appendice nasal d’un mammifère marin, le narval. Mais elle pouvait aussi provenir d'ossements fossiles et dans ce cas, elle coûtait moins cher. Car la corne de la licorne n'était pas qu'un symbole, l'ingrédient d’une mythologie courtoise, elle circulait sur le marché où elle pouvait se négocier plus de dix fois son poids en or.
Face à ce commerce florissant et à l'opposition de l'Université, Ambroise Paré réussit à prouver par des expériences simples, l'inefficacité médicale de la corne de licorne. Notamment dans sa prévention des poisons à la cour. Mais le chirurgien autodidacte qui de surcroît ignorait le latin, dut patienter jusqu’à un âge fort avancé avant de publier en français son Discours de la licorne et ce, en dépit du crédit dont il jouissait auprès du Roi qui l'assurait de sa protection. Il s'attirait ainsi les foudres de l'Eglise et l'hostilité de tous ceux, médecins et autres apothicaires qui tiraient profit de la légende. Au dépens de ce malheureux narval qui dans ses rêves les plus inspirés, éprouvait des difficultés à s’imaginer cheval blanc.

 Espace collabo 
le 17/06/2012
 

A l'orée du 2ème tour des législatives, la confusion était à son comble à l'UMP. Le Secrétaire général Jean-François Copé, au centre du tableau, a beau prendre la pose avantageuse qui lui est si naturelle, elle ne semble guère intimider son ennemi mortel, l'ex-Premier ministre, Fillon, qui brandissant son arme s'apprête à se jeter sur lui, à la faveur d'un moment d'inattention du jeune copéiste qui au lieu de faire sacrifice et rempart de sa personne, renoue les lacets de sa sandale. Il n'est guère plus rassurant d'observer, au second plan, trois écervelés brandissant des couronnes de laurier fanées dans la direction de l'ancien leader et timonier, le Président déchu, lequel s'en moque bien, ne cherchant qu'à se défiler en grimpant un rocher à l'aide de son sabre de bois en guise de piolet. Assis non loin du genou du Secrétaire général et central, on reconnaît un Xavier Bertrand dubitatif voire dépressif, à l'inverse du jeune militant, au premier plan à droite, qui esquisse un naïf entrechat. Ici ou là, dans la masse confuse d'une UMP désemparée, on essaie de se tenir chaud en s'embrassant, en s'étreignant, sans même oser jeter un regard vers les glauques profondeurs du tableau où le Palais Bourbon s'estompe dans la brume.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point