Extension du domaine du
rond point
Publié le 21/09/2012

Espace collabo

 

Dominique Cozette


Je nais, je hurle, je fais chier, je fais des touches, des conneries, de la musique, je me marie, je fais une fille, je m’emmerde, je divorce, je fais la bringue, du piano, de la pub, des chansons, du chili con carne, des romans, je fais du bien, je fais du mal, du roller, de la peine, je fatigue, je me fais jeter, je persifle et signe, je chante, je soude, je me remarie, je peins, j’accroche, je décroche, je m’accroche, enfin j’essaie.
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Les taureaux adorent la corrida, c'est bien connu !

– T’as ta première corrida, dimanche ?
– Je te signale qu’on ne participe jamais à une deuxième corrida !
– Et alors, ça te fait quoi ?
– Comme tu vois, je rayonne ! J’ai une super forme et les arènes sont déjà blindées. C’est un beau sport, tu sais, et je suis fier d’en être !
– Tu n’as pas peur de souffrir ?
– Meuh non ! Dans le feu de l’action où l’on se bat à armes égales avec le valeureux Homme-Dieu, on oublie toute souffrance, nous ne sommes pas des bêtes, tout de même !
– Et  mourir, ça ne te fait pas peur ?
– On va tous y passer, autant le faire en beauté ! Toutes ces belles dames qui t’admirent et tous ces hommes qui t’encouragent, non, je te jure, un taureau qui meurt lors d’une belle corrida, c’est exaltant !
– C’est quand même une torture, non ? Tu agonises, on te coupe la queue et les oreilles…
– Oui, c’est l’inconvénient. Mais tu sais, je suis un vrai taureau, un bon taureau, et si l’Homme-Dieu a décidé de nous infliger cette épreuve, il faut s’en montrer digne.
– En somme, la corrida, tu es pour !
– Tous les taureaux sont pour, évidemment, comment peut-il en être autrement ! Ça serait interdit, sinon !

 Espace collabo 
le 05/03/2011
 

Ça se passe en Ukraine. Des filles défilent dans la rue les seins nus. Etant donné la température locale, il faut qu'elles soient drôlement motivées. Et elles le sont puisqu'elles le crient bien haut : elles en ont marre qu'on prenne leur pays pour un gigantesque bordel. L'origine de cette colère? Une radio néo-zélandaise qui a lancé un jeu proposant à l'heureux vainqueur de gagner un voyage en Ukraine, afin d'y rencontrer une "hot lady" qui, un jour peut-être, deviendra sa femme… Ça a été la goutte de trop pour une poignée de jeunes féministes qui n'ont pas froid aux yeux (non plus). Ornées des traditionnelles coiffes de mariées, ces militantes de l'association Femen ont donc protesté contre ce jeu qui est non seulement  sexiste, mais aussi raciste, puisqu'il sous-entend que les Ukrainiennes n'ont que cette idée en tête, de se faire épouser par un étranger. La radio s'appelle "The Rock FM", son site Internet est un brin vulgaire et, de toute façon, l'heureux gagnant (dont on en sait pas s'il sera l'heureux élu) est déjà désigné. Pour ceux que ça aurait intéressé…



 Espace collabo 
le 25/08/2010
 

Je pars avec une tenue sportive, longuement étudiée, préparée, réfléchie et surtout pesée :
1 - une chemise-pantalon en flanelle anglaise pour mettre sur la peau.
2 - une chemise d’homme allant par-dessus.
3 - une cravate foulard.
4 - deux paires de bas de soie.
5 - deux paires de bas de laine très épais.
6 - deux paires de souliers à crampons imperméables et d’inégales grandeurs.
7 - une paire de pantalons larges à cordage en haut et à guêtres en bas rentrant dans le soulier. Ce pantalon est en étoffe de laine écossaise doublée d’un drap de molleton chaud et moelleux.
8 - une ample blouse de même étoffe et de même doublure dont les plis arrêtés devant et derrière matelassent la poitrine et le dos.
9 - une ceinture de cuir, disposée de manière à serrer plus ou moins le bas de la taille.
10 - une paire de gants fourrés intérieurement.
11 - une paire de gants fourrés extérieurement assez larges pour aller sur les autres, avec une épaisse fourrure en bracelet pour intercepter l’air.
12 - un boa.
13 - un bonnet juste en étoffe, pareille à la blouse, doublé de même et garni en fourrure noire, avec voile vert cousu sur le bord.
14 - un grand chapeau de paille de Chamonix doublé d’étoffe verte et garni de quatre attaches pour pouvoir le fixer solidement.
15 - un masque de velours noir.
16 – un grand bâton ferré.
17 – un tartan.
18 – une pelisse doublée de fourrure pour la nuit et les heures les plus froides de la journée. 
Et un petit miroir, il faut bien emporter quelque chose de féminin.  
Henriette d’Angeville, deuxième femme au sommet Mont-Blanc, 4 septembre 1838.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point