Jean-Marie Gourio
Publié le 30/10/2010

Haïku de comptoir 87


Les pauvres
Mangent la viande
Avec les dents
Il commence à écrire en 1976 dans le magazine Hara-Kiri, dont il devient bientôt rédacteur en chef adjoint. C'est là que paraissent ses premières "brèves de comptoir". Il écrit aussi pour la radio, la télévision, le cinéma et la bande dessinée. Et puis des romans, 9 à ce jour. Depuis 1987, il publie un recueil de Brèves de comptoir par an. Après ses Nouvelles Brèves de comptoir au Rond-Point avec Jean-Michel Ribes, il va lancer sur ventscontraire.net des Haïku de comptoir, des essais philosophiques épais comme un fil, des visions, des pensées en rond, des tribunes de stade...
 

Plus de...

Jean-Marie Gourio

 ! 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 10 mai 2011 à 11:30
Le 29 octobre 2011 à 08:18
Le 16 juillet 2011 à 09:21

Steak haché

Le merveilleux Hippocrate n’a rien perdu de son actualité. Et qu’on ne vienne plus l’appeler « vieux schnock » après la lecture de la présente ! D’aucuns s’obstinent à ne voir dans ses recommandations diététiques qu’un tissu de bêtises. Quant à moi, je suis tout à fait persuadé de la véracité de sa théorie des humeurs. Tout le monde a un voisin, ou un ami de type « sanguin » (la face rouge, la démarche joviale, les canines acérées), qui raffole de viande en sauce et de grands crus bordelais.   Il y a quelque temps, alors que je faisais des emplettes au supermarché, une femme qui déposait consciencieusement sur le tapis de caisse un ensemble d'articles retint mon attention. Pas une once de protéine ! En revanche on trouvait, çà et là, un genre de gâteau roulé sous les aisselles, une soupe de potirons du Larzac, une salade garantie 100% bio, et livrée avec ses limaces et ses pucerons… Joyeux délire organico-végétal !   C’est à ce moment que je convoquai mon cher Hippocrate. Mon Dieu, me dis-je (avec tout le respect que cette vénérable entité mérite), me voici face à un spécimen typique de flegmatique ! Aisément repérable, de surcroît : le teint pâle, la silhouette grêle et le regard proche de l'extase manifestaient une béatitude rarement atteinte chez les plus grands mystiques.   Ne peut-on entrevoir, pensai-je sans pédanterie aucune, l’essence même de notre époque actuelle ? La protéine animale ne convainc plus, son cours à la bourse est en berne. Pire, elle est de mèche avec les plus grands pontes du crime organisé : elle fricote avec les bactéries et les microbes les plus infâmes. Il se peut, me dis-je encore, que cette sainte femme nous montre alors la voie ! Comme elle, et de toute urgence, devenons des flegmatiques ascétiques !      Je revins tout à coup à la raison, et déposai à mon tour un steak sur le tapis de caisse, sans trembler.

Tous les dossiers
Tous nos invités

derniers podcasts

je m'abonne :   
Niels Arestrup
Live • 17/07/2014
Magyd Cherfi : Longue haleine
Live • 12/05/2014
Télérama Dialogue : Norman (fait des vidéos)
Live • 15/04/2014
Emmanuelle Pireyre & Gilles Weinzaepflen : Rêve et travail
Live • 24/03/2014
Bernard Stiegler : Travailler demain
Live • 22/03/2014
Tous les podcasts

Je lance ma
chronique sur
la piste d'envol

Les billets
Règles du jeu
Accès chroniqueurs
 
La revue collaborative du Rond-Point
Vos chroniques   Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Piste d'envol   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Accès chroniqueur   Presse
ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point, avec le soutien d' 
Site administré par
© 2014 - CC.Communication